Tourisme durable

Rwanda, petit pays des mille collines

22 Juillet 2019 - Biodiversité / Culture / Nature

25 ans après, alors que qu'il commémore le génocide des Tutsis qui a causé la perte d'au moins 800 000 personnes, le Rwanda mise sur le tourisme avec ses montagnes, ses parcs et ses singes... qui ne pas tous des gorilles !

 

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Le Rwanda est surnommé le pays aux mille collines et on comprend pourquoi ©Christophe Migeon

 

 

Direction le sud-ouest du pays où s'étend la plus grande forêt primaire d'altitude d'Afrique, 900 km2 de jungle protégée au sein du Parc national de Nyungwe. Les cinq heures de véhicule entre le parc des Volcans et celui de Nyungwe à travers un moutonnement de collines piquetées de villages aux toits de tôles luisantes, soulignent le cruel manque de terre dans tout le pays. Le Rwanda est une immense campagne cultivée depuis le fond des vallées jusqu'aux pentes les plus raides par des essaims de paysans zélés. En ligne de mire, il y a aussi l'autosuffisance alimentaire. Depuis les champs, où les couples s'activent de concert, jusqu'au parlement qui compte 64 % de femmes députés – un record mondial ! — le Rwanda s'affiche comme le grand champion de l’égalité des genres.

 

 

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En l'absence de voitures, la route semble dévolue aux bicyclettes ©Christophe Migeon

 

 

Traqueurs sachant traquer

 

À l'approche de Nyungwe, les grandes plantations de thé commencent à dérouler leur géométrie ondulatoire sur les croupes des montagnes. Cyamudongo est un lambeau de forêt perdu dans le vert tendre des théiers, mais cependant intégré au parc national pour son importance biologique. Une cinquantaine de chimpanzés, plus faciles d'approche que leurs 600 collègues égaillés dans la jungle, s'ébattent librement dans les frondaisons.

 

 

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Trois colobes d'Angola sur une branche ©Christophe Migeon

 

 

Il faut se lever tôt pour les surprendre au saut du nid. Dès que le soleil se lève, ils ont pour habitude de se mettre en route en quête d'un solide petit-déjeuner. Toute observation serait impossible sans l'excellence des traqueurs. Le job n'a rien d'une sinécure. Il faut garder longtemps la tête levée vers la cime des arbres à s'en disjoindre les cervicales et compter les heures en observant les facéties arboricoles de singes hyperactifs. Douze heures par jour, sept jours sur sept avec quatre jours de repos par mois pour rendre visite à sa famille... Mieux vaut s'en remettre à une riche vie intérieure pour passer ainsi ses journées sous la pluie en compagnie des fourmis rouges les yeux noyés dans le vert.

 

Sur les 80 traqueurs du parc, la plupart sont affectés à l'observation de petits singes faciles d'accès comme ces tire-au-flanc de colobes angolais souvent vautrés dans les macarangas proches des parcelles de thé. Seuls 16 poursuivent les chimpanzés. Claver Ntoyinkima est l'un de ceux-là. Ntoyinkima signifie « je retrouve un singe » en kinyarwanda. Cela tombe bien. Notre homme retrouve d'autant mieux les singes que ses collègues traqueurs, déjà sur place, lui indiquent le chemin par radio. Une petite heure suffit pour rattraper une bande de trois jeunes mâles occupés à se goberger de fruits mystérieux dans les frondaisons. Ils sont si proches qu'on entend le craquement des coques sous leurs mâchoires. Il ne faudrait pas leur imaginer pour autant un régime exclusivement végétarien.

 

« Ils chassent souvent en groupe des cochons sauvages ou de petits singes, raconte Claver, et pour les tuer, ils leur brisent le cou ! »

 

Après quelques épouillages de circonstance, nos trois compères se laissent glisser le long d'un tronc et rejoignent le sentier l'un derrière l'autre avec la démarche roulante des marins sortant du cabaret. L'envie est grande de jeter son sac dans les fourrés pour les rejoindre et tenter de les convertir aux joies du véganisme.

 

Informations et réservations : http://www.visitrwanda.com/

 

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Ramasseuse de thé vers Cyamudongo ©Christophe Migeon

 

 


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