Tourisme durable

Panama, chez les Indiens du Darién

24 Mai 2021 - Culture / Nature

Passage incontournable entre deux océans, le Panama reste mystérieux et inconnu. Contrasté, entre d'un côté, l'infiniment grand du canal et de la forêt primaire et de l'autre, la petitesse des îles qui composent l'archipel des San Blas, peuplées de minorités ethniques, ce pays invite à la découverte.

 

 

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Arrivée sur la tentaculaire capitale Panama City ©OlivierCaillaud

 

 

Zoom sur la forêt immense et cap sur la région du Darién pour partir à la rencontre des Indiens. On emprunte la célèbre Panaméricaine qui trace sa route depuis l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu, une aventure en soi. Mais lorsqu'elle s'arrête comme prise au piège par le Darién, l'aventure est à son acmé. Ici, la forêt stoppe la progression des pelleteuses, la route n'est qu'une utopie, son absence laisse place aux fantasmes des explorateurs.

 

 

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Les bus colorés avec ambiance locale garantie pour parcourir la Panamériciane ©OlivierCaillaud

 

 

Mais cet eldorado se mérite et il faut d'abord monter à bord de bus colorés et bruyants au départ de la tentaculaire Panama City pour rejoindre Santa Fe à l'Est. Après plusieurs heures entre klaxons et nids de poule, un bref instant de pause pour se remettre des secousses et l'on embarque dans une pirogue direction le village de Boca de Lara. Premières rencontres avec les Indiens Wounaans au milieu des tissus aux couleurs chatoyantes et des sourires. Cet accueil chaleureux fait oublier le trajet. Ce peuple est mondialement connu pour son artisanat de vanneries et de sculptures qui sont exposés entre autres au Musée des Arts Premiers à Paris, bien loin d'ici.

 

 

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Partout dans le village des Wounaans sont suspendus les tissus colorés qui donnent une ambiance chatoyante ©OlivierCaillaud

 

 

Nuit sous hutte, pêche à l’épervier puis l'aventure continue toujours sur l'eau vers le golfe de la Palma. Les dauphins s'amusent avec l'étrave, la nature est omniprésente et offre une sensation d'exclusivité.

 

 

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Les dauphins du golfe de La Palma sont très joueurs ©OlivierCaillaud

 

 

Pause chez une famille de colons éleveurs de zébus perdus au bout du monde puis encore quelques heures en pick-up. Cette fois sur une piste défoncée par la pluie. Stop. On chausse les pataugas pour continuer à pied. Commence alors une longue marche éprouvante à travers la mangrove avec l'espoir de voir le bout de ce tunnel vert... et comme par enchantement un Indien Embera, simplement drapé d'un petit tissu autour de la taille, sort de nulle part et souffle dans un gros coquillage pour prévenir le village de notre arrivée. Moment surréaliste, hors du temps. Un peu plus loin, une clairière. Au bord d'une petite rivière s'amusent des enfants tandis que des adultes tatoués de la tête aux pieds nous saluent.

 

 

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Dans ce village Embera, chaque clan familial vit sous des huttes sur pilotis avec toujours le costume traditionnel ©OlivierCaillaud

 

 

Quelle belle émotion ! Ce peuple qui a longtemps souffert des conflits politiques a pu tant bien que mal et par sa forte volonté sauvegarder sa culture et son identité. Respect. Et contrairement à beaucoup d'autres minorités à travers le monde, il a gardé ses distances vis-à-vis du tourisme de masse. Cette petite communauté accueille ainsi de temps en temps des aventuriers en nombre très limité pour les sensibiliser à leur histoire. Et sans traitement de faveur, tout le monde dort en hamac et participe aux activités quotidiennes : pêche, cuisine, cueillette des plantes médicinales sans oublier les universelles parties de football.

 

 

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Les enfants jouent au football en tenue scolaire mais avec les tatouages pour certains ©OlivierCaillaud