Tourisme durable

Namibie : terre d’eau, de sable et de diamants

04 Janvier 2023 - Culture / Nature / Préservation

Alors que les circuits classiques s’aventurent peu dans le sud du pays, il suffit de tailler la route pour rejoindre cette région à part en Namibie. Au fil des kilomètres se dévoilent des paysages lunaires et semi-désertiques, des contrastes et des curiosités. Et de majestueuses rivières !

 

Dépaysement le long de la rivière Orange ©jbdodane Flickr CC
Dépaysement le long de la rivière Orange ©jbdodane Flickr CC


 

Si la mode de la vanlife est récente en France, en Namibie et dans toute l’Afrique australe, c’est le meilleur moyen de voyager au cœur des immenses espaces sauvages. Pour les baroudeurs sud-africains par exemple, partir en 4x4 avec la tente sur le toit et s’installer dans des campements en pleine nature est un véritable art de vivre. Beaucoup partent en vacances au bord du fleuve Orange s’adonner aux joies du canoë ou rejoignent le Fish River Canyon. 

 

Un fleuve, des ressources
 

D’un côté l’Afrique du Sud, de l’autre la Namibie. Entre les deux, la rivière Orange, frontière naturelle entre les deux pays. L’immense cours d’eau descend des hautes montagnes du Lesotho, à des milliers de kilomètres à l’est, avant de courir sur près de 2 500 kilomètres et se jeter dans l’Atlantique. Le Gariep, nom donné par le peuple Nama au grand fleuve, rebaptisé Orange pendant l’ère coloniale, n’était qu’à peine exploré à la fin du XIXème siècle. Aujourd’hui, des programmes d'irrigation installés sur ses rives profitent de cette source d'eau douce ainsi que des riches terres des plaines inondables. De larges rectangles aux différentes nuances de vert contrastent avec le reste du paysage désertique.
 
 
Aussenkehr, centre agricole abritant la plus grande ferme de raisins de tout l'hémisphère sud ©jbdodane Flickr CC
Aussenkehr, centre agricole abritant la plus grande ferme de raisins de tout l'hémisphère sud ©jbdodane Flickr CC

 


A proximité de Noordoewer, l’équipe d’Amanzi Trails organise des séjours en rafting et canoë-kayak sur le fleuve Orange. Dans la fraîcheur d’un matin d’hiver, rien de mieux que de voguer tranquillement depuis une petite embarcation, en admirant cormorans, aigles pêcheurs, petits varans et autres oies d’Égypte. La profusion de vie ne cesse d’étonner au cœur d’un univers minéral et aride. Albert, guide depuis des années dans la région explique l’importance du fleuve dans le fonctionnement du désert du Namib. En effet, ses eaux arrachent lors de leur parcours des roches puis du sable, qui est ensuite rejeté dans l’océan, avant de suivre les courants vers le nord, pour se retrouver sur les plages et alimenter ainsi le désert. “Le cycle parfait du sable” dit-il ! 
 

 

Albert, guide depuis plus de vingt ans sur la rivière Orange ©SSquillace
Albert, guide depuis plus de vingt ans sur la rivière Orange ©SSquillace

 

 

Lors de son incessante érosion des montagnes en amont, le fleuve entretient plus qu’un désert, il enrichit les Hommes depuis plus d’un siècle. “Le fleuve traverse des montagnes riches en diamants, qui se retrouvent déposés sur les plages” ajoute Albert. Plus loin en aval, s’étend le Sperrgebiet - zone interdite en allemand -, connu pour abriter parmi les plus grands gisements de diamants au monde !


 

 

Fish River Canyon, deuxième plus grand canyon au monde après celui du Colorado ©SSquillace
Fish River Canyon, deuxième plus grand canyon au monde après celui du Colorado ©SSquillace

 

 

Fish River Canyon, merveille de la nature
 

A proximité, un site attire les voyageurs curieux : la rivière Fish et son célèbre canyon. Une piste sublime mène au bord du gouffre, où le panorama vaut tous les détours. Avec ses 550 m de profondeur, 160 km de long et 27 km de large, le Fish River Canyon impressionne !
 
 
Le Kokerboom ou Aloe dichotoma, arbre aux carquois en français, typique du désert namibien ©Tee La Rosa Flickr CC
Le Kokerboom ou Aloe dichotoma, arbre aux carquois en français, typique du désert namibien ©Tee La Rosa Flickr CC

 

 

On embrasse du regard la rivière couleur émeraude qui s’est creusée un sillon dans la roche. Plus bas, quelques aventuriers partent pour une randonnée en autonomie de plusieurs jours le long de la rivière. Émerveillés devant tant de beauté, nous reprenons la route vers le désert du Namib. Dans cet immense pays de seulement 2,5 millions d’habitants, on ne croise pas foule sur la piste. Aucun bruit ni aucune présence, si ce n’est celle d’un troupeau d’oryx cavalant dans la steppe désertique…