Tourisme durable

Montagne de la Table,
C’est un cap, c’est une péninsule

29 Mai 2019 - Biodiversité / Nature

D’un côté, des montagnes bienveillantes, de l’autre, une mer hargneuse, et au milieu une ville, effervescente, cosmopolite. C’est le bout de l’Afrique, là où tout s’achève, où tout commence. Zoom sur la Montagne de la Table, qui domine majestueusement sur la ville du Cap.

 

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Promenade en kayak au Cap de Bonne Espérance ©Christophe Migeon

 

 

Ce matin « la table est dressée ». C’est l’expression locale consacrée lorsque les nuages recouvrent d’une blanche nappe satinée ce curieux relief de grès raboté qui surplombe de plus de 1 000 mètres la ville du Cap et lui donne tout son cachet. Il y a bien une demi-douzaine de chemins d’accès pour gagner le plateau, mais celui qui se faufile à travers la gorge de Platteklip depuis les hauteurs de l’agglomération trace la route la plus directe. La plus ancienne aussi : en 1503, le capitaine Antonio de Saldanha est le premier à s’esquinter les jarrets sur ces pentes broussailleuses. Mauvaise météo ou coup de porto de trop ? En tout cas, une erreur de navigation l’amène à mouiller devant cette drôle de montagne tronquée.

 

 

 

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Vue sur la côte déchiquetée depuis le sentier ©Christophe Migeon

 

 

Rando au sommet

 

Pour comprendre les contours d’une côte alambiquée, il lui faut prendre un peu de hauteur. Lorsqu’on emprunte aujourd’hui les marches bien taillées du sentier, on imagine le calvaire du pauvre capitão enfoncé jusqu’au cou dans cette végétation griffue. C’est le fynbos, un genre de maquis teigneux constitué de bruyères, restios, aloas, euphorbes et autres plantes dites succulentes, un point chaud de la biodiversité qui ferait tomber en pâmoison le plus blasé des botanistes. On y trouve aussi les énormes fleurs blanches et roses du Protea cynaroides, la plante nationale.

 

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On croise les énormes fleurs blanches et roses du Protea cynaroides, la plante nationale ©Christophe Migeon

 

 

Nous voici l’air de rien dans le royaume floral du Cap, la plus petite, mais la plus riche des six régions floristiques du monde : à elle seule la Table Mountain compte plus d’espèces végétales que le Royaume-Uni. Côté faune, les colons ont fait le ménage : le dernier lion a été transformé en carpette en 1802 et les guépards ont dû prendre leur congé au début des années 1920. Le randonneur peut désormais arpenter les sentiers du sommet sans autre risque que de s’asseoir sur un porc-épic ou une crotte de daman.

 

Ces curieuses bestioles aux faux airs de marmottes sont en fait apparentées aux éléphants et aux lamantins. Elles savent en tout cas profiter de la vie et se prélassent au soleil sur les promontoires gréseux qui bordent la falaise. On ne résiste pas bien longtemps à l’envie de s’allonger à leurs côtés pour s’enivrer de la ville mère, la ville mère qui s’étale en contrebas, lascive et envoûtante. Comme le disent les poètes de brochures, le panorama coupe le souffle. Et même les pattes. Le téléphérique pourra toujours ramener sur terre les contemplatifs tire-au-flanc.

 

Plus d'informations sur : http://country.southafrica.net/country/fr/fr

 

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Prendre le téléphérique pour accéder à Table Mountain ©Christophe Migeon

 

 

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