Tourisme durable

Madagascar, avec les zébus sur les hauts plateaux

18 Septembre 2019 - Culture

Avec leurs collines et leurs massifs aux reliefs râpés, les Hautes Terres malgaches pourraient faire penser au Massif central si elles n'étaient couvertes de grandes étendues de savane fauve, de rizières en terrasse et de zébus paisibles. Attention, voilà les vazas !

 

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Fenêtre sur cour dans le village de Ankijana ©Christophe Migeon

 

 

D'émouvants petits villages de maisons chapeautées de chaume se recroquevillent dans le creux des vallons. À Ankijana, l'arrivée de randonneurs fait l'effet d'une étincelle sur un morceau d'étoupe : des nuées d'enfants s'abattent sur les visiteurs au cri de « Iny Vazaha !» (voilà les Blancs !) et les zébus mugissent dans leur enclos. Poignées de main, claques dans le dos...

 

 

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Un hameau sur les hauts plateaux ©Christophe Migeon

 

 

Au vol !

 

Très vite dans la conversation apparaît leur souci numéro 1. Ankijana, comme tous les villages des hauts plateaux, redoute les attaques des voleurs de zébus. On les appelle les dahalo, les brigands, ou parfois les mavo, les sales. Ces « sales brigands » donc, ont pour habitude d'investir les villages à la nuit tombée. Pendant que les uns font sortir le bétail, les autres intimident les villageois en caillassant les maisons ou en tirant en l'air quelques coups de tromblon. Malheur aux voleurs rattrapés. Ils seront lynchés, estourbis, étripés, bref, expédiés ad patres sans autre forme de procès. Mais qui sont donc ces coquins ? « C'est chez les Baras qu'il y a le plus de voleurs ! » répond un vieillard sans hésitation. Il est vrai que chez cette ethnie, le vol de bétail est un acte d'éclat, une conduite d'honneur nécessaire à tout jeune célibataire désireux de prendre femme.

 

 

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Le savuka, sport traditionnel du pays Betsilao, une corrida sauce malgache ©Christophe Migeon

 

 

L'éclat de l'or

 

Si chez les Betsileo, les hommes placent leur argent dans les bêtes à cornes, les femmes préfèrent investir dans les dents en or. Non pas les molaires qui se cachent au fin fond des mâchoires, mais bien les incisives supérieures dévoilées par le moindre retroussement de lèvres.  Au moins, on a ses économies à portée de langue !

 

Ces dentitions chamarrées obéissent à un code de séduction précis : la jeune célibataire sans trop de revenus commencera par une seule dent, pour obtenir l'effet masonataoma, « phare de voiture ». La femme mariée et heureuse en ménage s'offrira les deux dents du haut. La configuration à trois dents, ou toatsapirafy, est peu prisée, car elle signifie qu'une maîtresse rôde autour du couple. Pas bon. En revanche, gros succès sur les 4 incisives du haut dont le rayonnement aveuglant annonce à l'entourage un amour éternel et sans tâches.

 

 

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Jeux d'ombre sur un vieux mur ©Christophe Migeon

 

 

 


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