Tourisme durable

Les Universités du Tourisme durable mettent l’accent sur les innovations sociales

12 Décembre 2016 - Actualité / Evénement / Innovation

La deuxième édition des Universités du Tourisme Durable qui s’est tenue à Vannes les 24 et 25 novembre dernier a permis à de nombreux acteurs et professionnels engagés pour un tourisme plus responsable de se rencontrer et d’échanger sur les outils innovants et les bonnes pratiques. Passeport Vert, affichage environnemental, labels, marketing vert, analyses de données ont été au cœur des échanges. Il est toutefois à noter que le tourisme social et la RSE n’ont pas non plus été oubliés, débattus lors de deux ateliers très instructifs qui ont permis de mettre en lumière des initiatives moins connues qui illustrent cette dimension sociale et sociétale souvent moins médiatisée que l’environnemental ou l’économique. 

 

 

Les acteurs bretons lors des Universités du Tourisme Durable ©C.Mignon

Les acteurs bretons lors des Universités du Tourisme Durable ©C.Mignon

 

 

 

Tourisme social ou l’accessibilité pour tous 

 

 
Au cœur de cette thématique du tourisme social, de nombreux acteurs bretons recevaient « à la maison ». Parmi eux, la ville de Carnac a expliqué les démarches mises en place pour accueillir tous les publics et notamment faciliter l’accès des différents sites municipaux aux personnes en situation de handicap. Armelle Moreau, adjointe chargée du tourisme, a ainsi présenté les nombreux aménagements réalisés dans toute la ville, en insistant bien sur la notion « d’ajustements » tout au long de l’année, consistant à multiplier les actions du quotidien en faveur du handicap (stationnement dédié, signalétique adaptée, sensibilisation des professionnels, etc.). Des efforts particuliers ont notamment été réalisés pour mettre la médiathèque aux normes « Tourisme et Handicap », labellisée depuis 2013 pour le handicap auditif et mental et depuis 2014 pour le handicap moteur.
 
 
En outre, Carnac est la première commune bretonne labellisée « Tourisme et Handicap Moteur » en 2007 pour le point accueil handicapé ouvert chaque été sur la Grande Plage. Ce label, étendu en 2012 aux personnes malentendantes et handicapées mentales, a été renouvelé en 2016. Françoise Le-Pennec, conseillère municipale, a complété ce premier témoignage en détaillant les différents équipements acquis pour le confort des baigneurs (Hippocampes, Tiralo, fauteuils, etc.). Sur cette même thématique, Gérard Breillot, directeur du Pommeret, a présenté « Les Jardins de Brocéliande », site remarquable fort d’un verger conservatoire unique en France, d’une collection d’iris, qui font tous partie d’un ESAT (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) dont l’objectif est de permettre à chaque personne handicapée accueillie de se découvrir dans ses potentialités et de les faire se réaliser.
 
 
  
 
Tiralo pour faciliter les baignades des personnes à mobilité réduite ©DR

Tiralo pour faciliter les baignades des personnes à mobilité réduite ©DR

 

 

 

Tourisme social ou des vacances pour tous

 

  
Au-delà de la possibilité d’accéder aux sites, le tourisme social, c’est aussi la possibilité d’accéder aux vacances quel que soit le profil, l'âge ou le porte-monnaie. En Bretagne, l’UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme) Bretagne, tête de réseau régionale du tourisme social et solidaire, est très active sur ce champ, avec près d’une centaine d’établissements, 13 organismes de séjour, 340 000 personnes accueillies… Elle y décline sa philosophie en faveur du « vivre ensemble », du respect de l'autre et de l’environnement par des vacances abordables, des offres et espaces adaptés, des équipes formées au "mieux accueillir" tous les publics, etc.
 
 
Anne-Catherine Péchinot (Gîtes de France) a quant à elle détaillé l’initiative des gîtes solidaires, qui permet à des familles jamais parties en vacances de bénéficier gratuitement d’une semaine en gîte avec l’accompagnement du propriétaire des lieux. Grâce à un partenariat avec le Secours Populaire, des réunions d’information pour bien expliquer le principe, cette initiative a d’ores et déjà connu un franc succès avec des retours très positifs sur l’enrichissement mutuel et des liens qui se créent par la suite.
 
 
  
 
Village de vacances Le Jardin Colonial ©Rêvesdemer

Village de vacances Le Jardin Colonial ©Rêvesdemer

 
  
 

Tourisme social ou du respect pour tous les professionnels

  
 
 
Troisième prisme du tourisme social, qui rejoint souvent la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), le traitement juste, équitable et respectueux des travailleurs du tourisme et donc des équipes, qu’ils soient au début de la chaîne, dans les structures émettrices françaises, ou sur le terrain. Caroline Mignon, directrice de l’ATES (Association pour un Tourisme Equitable et Solidaire), a ainsi rappelé les engagements sociaux et solidaires de son réseau de voyagistes qui intègre l’humain au cœur du voyage et ce dès la base, en précisant bien que le respect commence par la pérennisation des emplois en France, la bonne gestion des stagiaires, l’encadrement du travail des bénévoles, mais aussi des conditions de travail favorables offertes aux salariés.
 
 
En ce qui concerne les voyageurs, elle n’a pas manqué de rappeler l’importance d’offrir l’accès aux vacances pour tous, mais aussi le besoin de sensibiliser et d’informer les futurs visiteurs pour qu’ils aient une attitude respectueuse et responsable une fois sur le terrain. Enfin, quant aux partenaires et réceptifs, l’ATES a le souci constant de les soutenir pour participer au développement de l’emploi local, promouvoir le commerce équitable, sans oublier d’impliquer les femmes dans tous les champs de l’activité.
  
 
Un ultime atelier plus pointu a permis d’aborder la RSE et le tourisme d’affaires, qui a mis en lumière l’engagement de plus en plus concret des propriétaires d’hôtel de luxe ou des centres de congrès vers le durable et le social (labellisation, achats durables, sécurisation des personnels, projets d’insertion, écomobilité, etc). Olivia Gautier, directrice de l’hôtel Les Orangeries, a eu cette remarque éloquente : « On est sur un métier où l’on offre du bonheur mais souvent, on n’a plus de temps pour notre propre vie de famille. Or, il y a une hypersensibilité des clients au personnel. Quand l’équipe va mal, les clients le sentent. » 
 
 
De quoi méditer aussi, sur le temps de travail de ces professions difficiles et exigeantes, et de faire relativiser sur l’urgence de travailler plus…
 
 
 
 
 
Guillaume Cromer, président d'ATR ©C. Mignon

Guillaume Cromer, président d'ATR ©C. Mignon

 

 
 
 
Remerciements au cabinet BetterflyTourism - Éditeur de logiciels et cabinet conseil en tourisme.