Tourisme durable

Le Mona, il n'y en a pas deux comme celui-là !

17 Avril 2019 - Art / Culture

Que connaît-on de la Tasmanie ? Pas grand chose. Mis à part que c'est loin, très loin. Quelque part en dessous de l'Australie. On a entendu parler de son diable mais aujourd'hui c'est son Mona qui impressionne. Visite d'un musée complètement foutraque.

 

 

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Hobart capitale de la Tasmanie, au bord de l'eau et à l'abri des montagnes ©Nicolas Leblanc

 

 

Niché entre le mont Wellington (1271 mètres) et le vaste océan, Hobart est la capitale d’un État qui a le vent en poupe, d’un État où il fait très bon vivre sous un climat propice à la floraison des barbes de hipsters. Et pourtant.

 

« Au siècle dernier, c’est-à-dire hier, ceux qui venaient du continent avaient comme l’impression de franchir un rideau de fer en posant le pied en Tasmanie, raconte Greg en rigolant. Ils tombaient nez à nez avec des bouseux, des vrais avec des fusils. »

 

Un Tasmanien a contribué à changer l’image de l’île, il s’appelle David Walsh. Ayant amassé une fortune considérable en concevant des algorithmes pour gagner au casino et au tiercé, il a construit sur une presqu’île de la rivière Derwent à Hobart le Mona - Museum of Old and New Art -, un musée où exposer sa faramineuse collection. David le décrit comme un « Disneyland subversif pour adultes ». Le bâtiment a été creusé dans la colline plantée de vignes sur trois étages souterrains. Ceux qui y descendent rejoignent un royaume des abysses plongé dans la pénombre. Pour ne rien arranger, il n’y a pas de fléchage pour s’orienter dans ce qui ressemble à un labyrinthe flanqué de très hauts murs, presque menaçants.

 

 

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Le Mona a été creusé sous la colline plantée de vignes sous 3 étages souterrains ©Nicolas Leblanc

 

 

Perdus, troublés, les visiteurs sont à point comme on parle d’une viande pour recevoir quelques électrochocs artistiques : des pointes de flèches préhistoriques, un triptyque d’une Vierge à l’Enfant du XVème siècle… cohabitent avec les moulages en plâtre des vulves des amantes passées de M. Walsh, la Fat Car de Erwin Wurm – une Porsche 911 déformée par d’énormes bourrelets en fibre de verre –, Unreadable de Wilfredo Prieto – une bibliothèque entièrement blanche et contenant des livres blancs aux pages toutes blanches, Cloaca professional de Wim Delvoye – une machinerie reproduisant l’appareil digestif à qui l’on donne à manger deux fois par jour et qui défèque sans effort deux fois par jour… Hétéroclite, provocant, surprenant, amusant, profond, le musée est à l’image de son propriétaire dont la place de parking est reconnaissable à trois grandes lettres peintes en blanc : GOD.

 

 

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L'œuvre d'art Homme Tatoué ©Nicolas Leblanc

 

 

Expo de tatoué

 

L’homme est assis sur une table torse nu. Il se tient bien droit sans bouger, les mains posées sur les genoux et les jambes ballantes. Sur son dos, une Vierge priant au-dessous d’une tête de mort avec autour des chauves-souris qui virevoltent a été tatouée. C’est l’œuvre de l’artiste belge Wim Delvoye connu pour tatouer des cochons. Elle a été achetée 130 000 € par un collectionneur d’art, Rik Reinking. Un tiers revient à Tim Steiner, le tatoué. Son contrat prévoit qu’il s’expose régulièrement dans un musée ou une galerie. Autre clause : après sa mort, le tatouage sera découpé puis encadré et devrait prendre de la valeur. Moralité : il ne faut pas vendre sa peau avant de l’avoir tatouée.

 


Plus d’informations :
http://www.discovertasmania.com/ et http://www.australia.com/
Museum of Old and Modern Art - Hobart - Entrée adulte : 18 €

 

 

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