Tourisme durable

La Casa del Mar, où l’héritage d’Antoine de Saint-Exupéry n’est jamais bien loin

15 Mai 2019 - Art / Culture / Découverte / Histoire / Patrimoine

Cette forteresse est célèbre pour avoir été la source d’inspiration de l’écrivain et aviateur français et, surtout, de son cultissime Petit Prince.

 

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La ligne d’horizon du Sahara à Tarfaya ©Bjørn Christian Tørrissen – Wikipédia

 

 

C’est une vieille bâtisse contre laquelle se heurtent les vagues de l’Atlantique. À Tarfaya, à l’extrême sud du Maroc, la Casa del Mar est le vestige du comptoir commercial éponyme fondé en 1876 par l’empire britannique. Mais son aura va bien au-delà des ambitions et rivalités intestines que se livrèrent les puissances coloniales européennes au XIXème siècle.


Accessible à pied à marée basse, la Casa del Mar jouit en effet d’une réputation plus littéraire ; plus poétique dira-t-on. L’aviateur et écrivain français Antoine de Saint-Exupéry, qui y est nommé chef d’aérodrome en 1927, pour 18 mois, y accouche deux ans plus tard de son premier roman, Courrier Sud. Surtout, les lieux lui ont inspiré son célèbre Petit Prince, publié en 1943 à New York, deuxième ouvrage le plus traduit au monde après la Bible. 

 

« La légende locale veut en effet que le Petit Prince soit né ici en 1927, dans les vagues à l’âme d’Antoine de Saint-Exupéry, chef de station de l’Aéropostale pendant dix-huit mois, lorsque la ville s’appelait Cap Juby », lit-on dans le journal Le Monde. 

 

 

 


À Tarfaya, les habitants ne sont pas peu fiers de cet héritage qui entoure le site, scindé de toutes parts par les vagues lors de la marée haute. À marée basse, les promeneurs n’hésitent pas à se frayer un chemin jusqu’à la Casa del Mar, respirant à pleins poumons l’air iodé. Sadat Shaibata, président de l’association « Les amis de Tarfaya », qui œuvre pour la sauvegarde de la Casa del Mar, se targue que cette attraction touristique « soit la seule qui ait été sauvée par Hassan Ier et visitée par le roi Hassan II ». L’espoir réside encore dans l’enveloppe budgétaire de 16 millions de dirhams, soit un peu moins de 1,5 million d’euros, accordée par le ministère marocain de la Culture, et la convention de restauration signée en 2017 par la direction régionale du ministère de la Culture à Laâyoune.

 

 

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Le musée Antoine de Saint-Exupéry attire chaque année environ 1000 visiteurs occidentaux ©Bjørn Christian Tørrissen – Wikipédia

 

 

La poésie hassanya est la plus répandue dans les rues de la ville

 

Au gré des balades à Tarfaya, l’héritage d’Antoine de Saint-Exupéry n’est jamais bien loin. Le musée qui porte son nom est dédié à la poste aérienne. Il a été fondé en 2004 au bord de l’ancienne piste de l’aérodrome, à 30 mètres de la plage, avec l’aide de l’Association mémoire de l’Aéropostale et de la Fondation Pierre-Georges Latécoère, indique l’Office du tourisme marocain sur son site.


Attirant environ près de 1 000 visiteurs occidentaux chaque année, il abrite une collection de documents, de cartes et de manuscrits anciens qui témoigne de l’histoire et des grands événements que la ville a vécus au cours des siècles derniers. De même que le célèbre aviateur, la poésie hassanya est la plus répandue dans les rues de la ville. Elle découle du hassanya, un dialecte arabe parlé en Mauritanie, au Sahara occidental, dans le sud du Maroc et dans le Sahara algérien, entre autres.

 

 


Tarfaya accueille également chaque année le Festival du prince du désert, avec des activités de sensibilisation à la protection de l’environnement, en collaboration avec la Fondation Antoine de Saint-Exupéry, présidée par François d’Agay, filleul de l’aviateur. Considérée comme un lieu mythique pour les pionniers de l’aviation, la ville est aujourd’hui le point de rencontres de dizaines d’aéroplanes qui viennent chaque année se poser sur la piste historique de son aérodrome, notamment dans le cadre du Rallye Toulouse-Saint Louis du Sénégal, qui a fêté en 2012 sa 30ème édition. À Tarfaya, l’esprit de l’Aéropostale n’est donc jamais bien loin.

 

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L’ancienne forteresse de la Casa del Mar ©Bjørn Christian Tørrissen – Wikipédia

 

 

 

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