Tourisme durable

Immersion chez les nomades en Mongolie

18 Mai 2021 - Culture / Histoire / Nature

Il est un pays où l'on peut rouler où bon nous semble et reculer sans jamais avoir à regarder dans le rétroviseur. La Mongolie. Espace infini qui se prête à une découverte en mouvement. En road trip ou à dos de cheval, là-bas le rêve est au bout de la piste et vous immerge très vite dans l'univers des derniers nomades, descendants de Gengis Khan.

 

 

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Seuls au milieu du désert

 

 

Il faut pour cela quitter Oulan-Bator. La capitale devient le point de chute des nomades qui, du fait de la sécheresse, se sédentarisent dans les faubourgs et plantent leurs yourtes au pied d'immeubles sans âme. Triste sort pour ces bergers nés pour chevaucher la steppe et garder leurs troupeaux.

Après la visite du monastère de Gandon qui mérite le détour, direction le désert avec un chauffeur interprète. Le 4x4 est incontournable dans ce pays trois fois plus grand que la France avec seulement deux habitants au kilomètre carré. Une fois le moteur coupé, le silence est de mise dans ce décor digne d’un far-East asiatique. Les yacks remplacent les bisons et les yourtes, les tipis. Sur les rives de la rivière Orkhon, qui s'assèche peu à peu, on rencontre un éleveur de chevaux emblématiques du pays : le cheval de Przewalski. L'homme propose un bol de lait de jument fermenté puis, après quelques échanges au sujet de l'avenir incertain de son cheptel dû aux effets du réchauffement climatique qui menace les pâturages, invite à monter à cru et galoper la crinière au vent. Vêtu de son dell, costume traditionnel qui tient chaud l’hiver, l'éleveur insiste pour rester dormir avec sa famille. Ici, l’hospitalité est de rigueur.

 

 

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Le nomade vêtu de son dell traditionnel

 

 

Rappel de bienséance par l’interprète : il faut entrer dans la yourte avec le pied droit et s’asseoir en face du poêle sans passer entre les deux poteaux centraux qui symbolisent la relation entre le ciel et la terre. Interdiction enfin d’approcher l’autel, unique meuble décoré de la pièce où trône le portrait du Dalaï Lama. Toute la famille est présente car il est rare d’accueillir un Occidental à la “maison”. La grand-mère rogne un os de mouton et le trempe dans la marmite qui frémit sur un feu qui embaume et enfume aussi l’endroit. Elle vous tend un bol avec des pâtes faites maison, y ajoute le gras bouilli, de la vodka et tout le monde le met aux lèvres. Bonne ambiance garantie. Les rires fusent et tout le monde s’endort avec les chevreaux au pied du lit king size.

 

 

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Petite fille devant sa yourte

 

 

Le matin, les enfants jouent comme tous ceux de leur âge. Mais avec une imagination débordante : ici, pas de jouets industriels mais un terrain de jeu sans limites.

Tout au bout du désert de Gobi, où subsistent quelques familles nomades avec leurs chameaux de Bactriane, se dressent les dunes de sable de Khongor Els. Cap à l’Est grâce au GPS. Pas de route ni de piste, mais une ligne d’horizon vierge et irréelle. Aux alentours de Sainshand apparaît tel un mirage un lieu unique et étrange : le monastère de Khamar, plus connu comme le "Centre d'Énergie". Sa force symbolique est impressionnante dans cet univers hostile et apaisant.

 

 

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Le monastère de Khamar connu comme le "Centre d'Énergie"

 

 

Pas de mur d'enceinte, pas de gardien, juste quelques stupas, éléments d’architecture bouddhiste. Le silence est total et le respect aussi à l’image de ces chaussures laissées à l'entrée du monastère.

Il est temps de quitter le désert pour remonter vers la capitale au bout de 2500 kilomètres parcourus sans aucun feu rouge ni radar. Dernière pause chez un nomade à Baga Gazriyn Chuluu, l'étonnante formation de granit posée au cœur de la steppe désertique pour visiter un monastère en ruine du XVIIème. S’élève au loin une voix qui n'est pas celle d'un moine mais bel et bien d'une chanteuse lyrique qui donne un spectacle dans cet endroit atypique… Moment d'émotion qui ponctue le parcours. Instant suspendu qui nous fait méditer sur la beauté fragile de ce sublime pays et à un avenir meilleur pour les Nomades du monde entier.

 

 

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Bonheurs simples en symbiose avec la nature