Tourisme durable

Fès, les secrets du haut-lieu de la spiritualité et de la culture marocaines

20 Mars 2019 - Culture / Découverte / Patrimoine

Autrefois capitale du Maroc, celle qui rayonne aujourd’hui pour sa médina et ses tanneries traditionnelles, conserve encore bien d’autres secrets. Fès témoigne d’un riche passé historique dont elle n’a pas perdu une miette grâce à des projets de rénovations entrepris par les autorités locales.

 

C’est un dédale d’odeurs, de couleurs et d’objets artisanaux en tous genres. La médina de Fès fait la fierté de la capitale spirituelle et culturelle du royaume. Inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l'Unesco, elle fut la capitale fondée par la dynastie idriside entre 789 et 808 de notre ère. Fès fut en effet, jusqu’en 1912, la capitale du royaume.

 

 

Dès cette époque, les deux entités de la médina de Fès évoluent en symbiose constituant l’une des grandes métropoles islamiques incarnant une grande variété de formes architecturales et de paysages urbains. (…) Cette architecture est caractérisée par des techniques de construction et de décoration développées sur une période de plus de dix siècles, et où se sont mêlés les connaissances et savoir-faire locaux et des inspirations extérieures diverses (andalouses, orientales, et africaines) », souligne l’Unesco sur son site.

 

« La médina de Fès est considérée comme l’une des villes historiques les plus vastes et les mieux conservées du monde arabo-musulman », ajoute l’institution onusienne. L’héritage impérial de la ville de Fès est toujours palpable aujourd’hui, et sa médina en est une trace indélébile. Elle est d’ailleurs fortifiée par toute une série de remparts, issus des divers aménagements qui ont jalonné l’histoire de la ville.

 

 

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L'université Al Quaraouiyine © Mohammed Fikri Benabdallah – Flickr

 

 

Rendre à la ville toute sa beauté

 

 

Mais surtout, l’empreinte historique la plus tangible reste sans doute l’université Al Quaraouiyine. Celle qui fut initialement une mosquée devint au fil des siècles le lieu d’un enseignement universel de prestige. Considérée comme la plus ancienne université dans le monde encore en activité par l’Unesco, l'université est également un joyau architectural, avec ses pans de cèdre finement sculptés, ses plâtres soigneusement travaillés et ses zelliges subtilement décorés. Animés par une quête de savoir et de connaissances, les étudiants affluaient des quatre coins de l’empire mérinide. Ils étaient logés dans la médersa Attarine, qui leur offrait gracieusement le gîte et le couvert, pourvu qu’ils fassent montre de persévérance.

 

 

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Les tanneries de Fès sont une étape touristique incontournable © Bernard Gagnon – Wikipédia

 

 

La réhabilitation des écoles coraniques, ou médersas, s’inscrit d’ailleurs dans le sillage d’un islam tolérant, maintes fois prôné par le Maroc et le roi Mohammed VI. Lancé le 4 mars 2013 sous l’égide du monarque, le programme de restauration et de réhabilitation des médersas historiques de la médina de Fès a été couronné en mai 2017 par une cérémonie de présentation présidée par le souverain marocain.


Parmi les célèbres médersas de Fès, il convient de citer la plus grande, celle de Cherratine, qui fut construite par le sultan Moulay Rachid en 1670 sur les ruines de la médersa Al Labbadine. Installée sur trois étages, elle possède près d’une centaine de chambres pouvant accueillir jusqu’à deux cents étudiants de l’université Al Quaraouiyine.

 

 

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L'intérieur de l'université Al Quaraouiyine © Mohammed Fikri Benabdallah – Flickr

 

 


Autres joyaux architecturaux à visiter absolument : l’école Bou Inania et la médersa Attarine. Elles sont bâties comme un riad, ornées d’un patio central, d’un bassin et d’une fontaine, les pièces étant autour de cette place pour accueillir les étudiants. Le plaisir des yeux réside dans les zelliges, plâtres sculptés et autres bois de cèdres travaillés de façon artisanale.


Toutes deux sont situées dans la médina de Fès, où il fait bon déambuler et se perdre dans ses dédales. La cité fassie est également réputée pour son cuir et ses tanneries aux couleurs éclatantes. Dans le souk des tanneurs résident trois tanneries antiques, la plus grande et la plus ancienne étant la tannerie de Chouara, vieille de près de mille ans. Ses tanneurs travaillent d’arrache-pied pour produire 2 911 à 5 132 peaux de cuir traitées. Niché dans le quartier Blida, en face de la zaouïa Sidi Hammoumi et Derb El-Mitta, le lieu aimante quasiment tous les touristes de la capitale spirituelle du Maroc. Car là réside un pan historique et culturel exceptionnel du Maroc et de ses beautés.

 

 

 

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