Tourisme durable

Escale à Goa, un air de Portugal

04 Juin 2022 - Culture / Histoire / Patrimoine

Goa n’est pas une ville ni une plage, mais le plus petit État de l’Inde. Fortement marquée par l’influence chrétienne, cette ancienne colonie portugaise s’est forgée une identité à part au gré de son histoire. Si sa superficie représente une infime partie du territoire indien, sa personnalité est bien affirmée !

 

Le Bairro das Fontainhas - quartier des fontaines, est l’ancien quartier portugais de la ville de Panaji ©Adam Jones - Flickr CC
Le Bairro das Fontainhas - quartier des fontaines, est l’ancien quartier portugais de la ville de Panaji ©Adam Jones - Flickr CC

 


Situé sur la côte Ouest de l’Inde, entre le Karnataka et le Maharashtra, cet ancien paradis hippie est connu pour ses 120 km de côtes attirant toujours de nombreux touristes, indiens comme étrangers, en quête de soleil et de douceur de vivre. Derrière les longues plages de rêve, un autre visage se dévoile aux voyageurs curieux.

 

Panaji, la capitale la plus cool de l’Inde


Nulle part ailleurs en Inde, l'influence portugaise ne se fait sentir plus forte qu'ici. Pendant 450 ans, Goa fit partie de l’empire colonial du Portugal avant d’être rattachée à l’Inde en 1961. Partis à la quête du poivre, de la muscade et de la cannelle, les conquérants portugais arrivèrent ici en 1510, sous le commandement d’Afonso de Albuquerque. Ils en firent un port parmi les plus actifs du monde, notamment avec le commerce d’épices et de pierres précieuses mais aussi de porcelaines et de soieries de Chine.

 

Plusieurs signes en portugais sont encore visibles au-dessus des magasins ou sur les bâtiments administratifs ©Patrik M. Loeff - Flickr CC
Plusieurs signes en portugais sont encore visibles au-dessus des magasins ou sur les bâtiments administratifs ©Patrik M. Loeff - Flickr CC


 

La capitale de l’État de Goa, Panaji, ou Panjim en portugais, exerce un charme puissant. Le centre-ville accueille l’église aux murs blancs, Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception, somptueusement illuminée durant la nuit. Mais aussi des édifices coloniaux, de vieilles librairies et des petites places rappelant celles des villes européennes, le tout mêlé aux temples hindous, aux bâtiments modernes et à la végétation tropicale.

Ici, les Goanais revendiquent la culture du susegad, un terme local issu du mot portugais sossegado - tranquille, qui pourrait se traduire par une certaine joie de vivre nonchalante dans la vie quotidienne.
 

©Laurent Bonnet

©Laurent Bonnet

 

Les ruelles et l’atmosphère de l'ancien quartier de Fontainhas attirent l’œil. Endormies sous les frangipaniers, des maisons colorées aux façades couvertes d’azulejos, carreaux de faïences bleues et blanches, et aux toits de tuiles rouges, rappellent l’influence portugaise. On admire des demeures élégantes aux balcons en fer forgé, parfois abandonnées, parfois transformées en très belles maisons d’hôtes. Beaucoup de salons sont encore meublés dans le style d’autrefois, un mélange unique et élégant d’Europe et d’Inde : le style indo-portugais.

 

L'héritage architectural colonial se retrouve dans les couleurs des maisons ©Sophie Squillace
L'héritage architectural colonial se retrouve dans les couleurs des maisons ©Sophie Squillace

 

 

Les églises de Old Goa


À 10 km à l’Est de la ville, Old Goa fut la capitale de l’empire portugais avant le transfert du siège du pouvoir à Panaji. Elle était surnommée "la Lisbonne de l'Orient". On dit qu’au début du XVIIème siècle, Velha Goa était plus peuplée que Paris ou Londres, avec un nombre abondant d’églises. Dans le but d’évangéliser les terres nouvellement conquises, le roi du Portugal exigeait la présence de jésuites dans les Indes Orientales. Face à la barrière de la langue, les missionnaires cherchaient à transmettre leur religion par l’image. L’église doit attirer le regard et impressionner les foules. Pour cela, il faut qu’elle soit monumentale et riche.

 

La basilique du Bon Jésus est le plus bel exemple de l'art baroque en Inde ©Patrik M. Loeff - Flickr CC
La basilique du Bon Jésus est le plus bel exemple de l'art baroque en Inde ©Patrik M. Loeff - Flickr CC

 


L’âge d’or ne dura qu’un temps. À partir XVIIIème siècle, la concurrence commerciale des Hollandais entraîne le déclin de cette perle portugaise. Devenue ville morte, seuls les églises et les couvents témoignent encore de l’importance de Old Goa, le tout formant un musée à ciel ouvert inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986. On vient pour voir la cathédrale Sainte-Catherine, plus grande église d’Asie. Mais aussi la basilique du Bon Jésus, dans laquelle se trouve le tombeau du saint missionnaire François Xavier. Conservées dans un état remarquable, les reliques du Saint Patron des Goanais sont exposées au public tous les dix ans. Le prochain événement aura lieu en 2024…