Tourisme durable

Luigi Cabrini : “Avec le GSTC, le tourisme durable passe à l’action !” Part. II

06 Mai 2016 - Entretien / Portrait / Préservation / Labels

Luigi Cabrini est le Président du GSTC (Global Sustainable Tourism Council), le Conseil Mondial du Tourisme Durable, une dynamique organisation internationale au Conseil d’Administration cosmopolite qui a établi les critères internationaux du tourisme durable. Ancien journaliste, polyglotte (Italien, Français, Espagnol, Anglais), passé par les grands organismes internationaux, ce citoyen du monde et son équipe poursuivent un objectif ambitieux : rendre plus simple et plus pratique l’application du tourisme durable aux quatre coins de la planète.

TV5Monde : Comment le GSTC forme le secteur touristique aux critères internationaux du tourisme durable ?

Luigi Cabrini : Le GSTC organise des ateliers de formation de 2 à 5 jours dont le contenu peut s’adapter en fonction du public et se combiner avec des visites de terrain. Une destination, une ONG, un cabinet de consultants peut être à l’initiative de l’organisation de ces ateliers en collaboration avec le GSTC et inviter les acteurs de la filière tourisme de son territoire à y participer.
 

TV5Monde : Que prévoit le “Scénario vert” des Nations Unies d’ici à 2050 ?

Luigi Cabrini : En 2012, l’OMT avait publié avec le PNUE une étude intitulée “Le tourisme dans l’économie verte” qui illustrait comment les investissements dans le tourisme durable pouvaient contribuer à la création de nouveaux emplois, la réduction de la pauvreté, la diminution des coûts d’exploitation touristique et l’amélioration de la protection environnementale. En l’espace de 2 ans, les hôtels peuvent déjà constater des améliorations en terme d’économie d’énergie.

Le Scénario vert prévoit sur la période 2010-2050 que l’assignation d’un Budget de 0,2 % du PIB mondial à l’économie verte se traduirait par une réduction de 44% de la consommation d’énergie, de 52% des émissions de gaz à effet de serre, de 18% de la consommation d’eau et de l’élimination des déchets solides.

Ce rapport précise qu’il existe aujourd’hui les conditions pour aller dans cette direction et ainsi concilier les intérêts des entreprises, de la planète et de ses habitants.

 

TV5Monde : Existe-il un réel intérêt de la part des gouvernements vis-à-vis des politiques de tourisme durable et de l’initiative du GSTC ?

Luigi Cabrini : En règle générale, tous les gouvernements consultés ont appuyé l’initiative du GSTC et le perçoivent comme un outil utile pour l’application du tourisme durable car il offre des critères concrets et compréhensibles à tous les niveaux (Opérateurs, hôtels, destinations).

Atelier de formation aux critères internationaux du GSTC. Riviera Maya, Mexique

Aujourd’hui il n’y a pas de stratégies nationales de tourisme qui ne prennent pas en compte la dimension“durable” mais l’application est lente car le tourisme durable doit s’infiltrer dans toute la filière touristique. Je dirais que le secteur privé est globalement plus avancé que le secteur public sur cette question. Les grandes entreprises touristiques ont toutes désormais un programme de tourisme durable dans leurs politiques. Avec le GSTC, le tourisme durable passe à l’action.

 

TV5Monde : Y-a-t-il un intérêt du secteur touristique français pour l’initiative du GSTC ? Existe-t-il des passerelles entre le monde francophone et plus anglophone du GSTC ?

 

Luigi Cabrini : Considérant l’importance des initiatives françaises en matière de tourisme durable, il reste beaucoup à faire du côté du GSTC pour s’en rapprocher. Il est vrai que nous n’avons pas d’entreprise, d’institution ou d’association françaises, membres du GSTC actuellement. Aucun des programmes français de certification de tourisme durable n’a entrepris de démarches pour être reconnu ou approuvé par le GSTC à ce jour.

 

Labels et certifications françaises de tourisme durable

Nous n’avons pas de représentation française au sein du Conseil d’administration du GSTC. Je suis en faveur de cette ouverture vers le monde francophone car nous gagnerions à être plus informés et coordonnés.

Depuis notre point de vue, il est important de prendre en considération l’expérience française compte tenu de son histoire dans le secteur du tourisme. Nous devons intégrer des Français dans notre Conseil d’Administration. Chaque expérience peut apporter et enrichir la réflexion au sein du GSTC. Nous avons été présents en Afrique, en Espagne, en Asie mais il n’y a pas encore eu d’opportunité dans les pays francophones. Que le monde francophone n’hésite pas à nous solliciter.

 

Quels sont les défis à venir pour le GSTC dans les prochaines années ?

• Parvenir à l’auto-financement du GSTC à travers l’augmentation de ses membres, ses services d’évaluation de programmes de certification de tourisme durable, de programmes de destinations durables et de formations aux critères internationaux du tourisme durable.

• Élargir son “Destination program” à davantage de destinations

• Augmenter le nombre de programmes de certification de tourisme durable reconnus et approuvés dans le monde.

• Maintenir sa qualité et fonction d’organisme accréditeur.

• Diffuser plus largement ses programmes de formation au tourisme durable.

• S’ouvrir à d’autres secteurs du tourisme (par exemple, les terrains de golf, musées, transports, parcs thématiques…) pour établir des critères spécifiques d’application du tourisme durable, dans un contexte plus élargi que celui des critères pour les destinations.

 

Plus d’information sur le GSTC: www.gstcouncil.org