Tourisme durable

Voir Pyongyang et courir

04 Avril 2018 - Actualité / Découverte / Récit

Profiter du marathon pour voir de plus près Pyongyang. Le « Mangyongdae Prize International Marathon » ne s’est ouvert aux coureurs amateurs étrangers qu’en 2014. Matthieu Tordeur le plus jeune membre - 25 ans - de la Société des Explorateurs Français, a eu la riche idée de profiter de son inscription à cette course en 2016 pour découvrir le pays le plus fermé du monde. 

 

Vue de la capitale Pyongyang ©M.Tordeur
Vue de la capitale Pyongyang ©M.Tordeur

 


Bienvenue à Pyongyang avec ses décors dignes d’un mauvais plateau de cinéma, ses visites (très) guidées et sa propagande (à peine) déguisée. Avant le départ de la course dans le stade du Premier Mai, j’avais un peu la pression. Je n’avais jamais couru 42 kilomètres en moins de 4 heures 15 et là, si on mettait plus de 4 heures, une voiture-balai était chargée de nous ramasser. Pendant la course, on peut sentir la fraternité entre les coureurs. C’est ce qui m’a permis de courir le marathon en 3 h 52.
 
 
Autorisation de courir le marathon de Matthieu Tordeur ©M.Tordeur
Autorisation de courir le marathon de Matthieu Tordeur ©M.Tordeur

 

 

La triste mine de la capitale

 
Une Corée du Nord sans fresques monumentales, c’est comme une Égypte sans pyramides, une Suisse sans banques, ça n’existe pas. Celle de la station de métro Yonggwang met en scène Kim Jong-il, rien de très original. Le « dirigeant bien aimé », père de Kim Jong-un, pose au sommet du mont Paetku où selon la légende il serait né en 1942 après l’apparition d’un arc-en-ciel et d’une nouvelle étoile dans le ciel. Bien entendu, le mont Paetku est le point culminant du pays, à 2 744 m. Loin de ce décor grandiose, Pyongyang arbore une triste mine avec ses barres d’immeubles aux couleurs délavées et ses rues désertes. 

 
 
Rassemblement folklorique orchestré par le gouvernement ©M.Tordeur
Rassemblement folklorique orchestré par le gouvernement ©M.Tordeur

 

 
S’il y a bien quelque chose qui marque les esprits à Pyongyang, ce sont les gigantesques rassemblements populaires orchestrés par le gouvernement. Tout est fait pour impressionner : la puissante musique crachée par les haut-parleurs, les costumes impeccables, la parfaite synchronisation de tous les mouvements de foule, l’esprit et la rigueur militaires. 
 

Total respect 

 
Kim Il-sung, le fondateur de la Corée du Nord, et son fils Kim Jong-il. Deux géants de bronze de 22 m de haut posent altiers devant le musée de la révolution coréenne. Passant devant eux, le visiteur coréen doté du plus élémentaire instinct de conservation n’omet pas de se fendre d’une respectueuse courbette. Il peut aussi, c’est recommandé, déposer des fleurs. Avis aux photographes : ne sont autorisés que les portraits en pied des deux illustres dirigeants.
 

 
Courbette obligatoire devant Kim Il-sung, le fondateur de la Corée du Nord, et son fils Kim Jong-il ©M.Tordeur
Courbette obligatoire devant Kim Il-sung, le fondateur de la Corée du Nord, et son fils Kim Jong-il ©M.Tordeur

 

 
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