Tourisme durable

Un plan courageux du secteur hôtelier s’attaque à l’esclavage moderne

14 Janvier 2019 - Actualité / Hébergement / Initiatives

L’esclavage moderne, un fléau qui existe encore malheureusement bel et bien de nos jours. Selon le Global Slavery Index, plus de 45 millions de personnes seraient concernées sur tous les continents. Exploitation sexuelle, exploitation par le travail, esclavage domestique, mendicité ou vol forcé, servitude pour dettes, trafic d’organes sont autant de formes que peut revêtir l’esclavage moderne. Mais des initiatives, dont celle impulsée récemment par le Global Fund to End Modern Slavery, apparaissent comme de véritables lueurs d’espoir, transformant la vie des personnes à qui elles bénéficient.

 

En effet, ce fond est un partenariat entre les secteurs public et privé dont le but est de rendre l’esclavage moderne non profitable économiquement. Afin d’atteindre cet objectif, il est en train d’investir près de 500 000 dollars pour apporter son soutien aux survivants du trafic d’êtres humains grâce à des programmes éducatifs et de formation professionnelle. Cette dernière initiative a d’ailleurs reçu en 2016 le Prix du Tourisme de Demain décerné par le World Trade & Tourism Council. 

 

 


Au cours de ce projet axé sur deux ans, l’association Youth Career Initiative établira des liens et des partenariats avec des hôtels et des ONG dans les villes de Bombay et d’Hanoï. 130 rescapés de ce type de trafic seront ainsi formés, développant leurs compétences qui leur permettront d’avoir des perspectives professionnelles. De plus, cela permettra la création d’espaces de travail sécurisants pour une jeune population parfois vulnérable, en particulier les femmes et les jeunes filles. Femmes et filles représentent en effet environ 70% des esclaves, notamment en Afrique et en Asie.

 

 

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On estime à 45 millions le nombre de personnes victimes d’esclavage aujourd’hui @Libération

 

 

 


L’association Youth Career Initiative a établi certains partenariats avec le secteur hôtelier depuis quelques années déjà. Cette industrie semble être relativement sensible à la question : certaines chaînes hôtelières partenaires sont déterminées à soutenir ces rescapés du trafic d’êtres humains, comprenant l’importance d’employer ces personnes et voulant aller plus loin dans cette démarche. Scott Robinson, président de Youth Career Initiative, affirme avec un mélange d’enthousiasme et de détermination :

 

« C’est une chose incroyable de faire partie des premiers lauréats du Global Fund to End Modern Slavery, et d’être ainsi capable de montrer tout le potentiel de l’industrie hôtelière à soutenir les rescapés du trafic d’êtres humains. Ce dernier constitue un véritable crime contre l’humanité et Youth Career Initiative ainsi que ses partenaires locaux sont fiers d’aider ces survivants à acquérir de nouvelles compétences, à trouver un emploi, et à construire une vie meilleure. »

 

 

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L’association Youth Career Initiative vient en aide à des jeunes sur les 5 continents @thealtheafoundation.org

 

 

 

Il reste à espérer que Youth Career Initiative, dont la création remonte en 1995 à Bangkok par le groupe Pan Pacific Hotels, poursuive cette voie et tisse des liens avec de plus en plus de partenaires, permettant à de nombreux jeunes d’échapper au commerce honteux des êtres humains qui demeure une triste réalité au 21ème siècle. En 2018, elle a notamment reçu une aide significative de l’association britannique UK Aid afin de poursuivre son travail.

 

Source : World Trade & Tourism Council

 

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