Tourisme durable

Sur les terres oubliées de Colombie
chez les Wayuus

28 Mars 2018 - Culture / Découverte

Située à l’extrême nord-est de la Colombie, à proximité du Venezuela, une bande de terre aride s’enfonce paresseusement dans la mer des Caraïbes : c'est la Guajira. Une destination peu courue. Pourtant cette terre et son peuple vous prennent aux tripes. 

 

Les Wayuus n'ont pas été conquis par les Espagnols ©Jeremy Suyker
Les Wayuus n'ont pas été conquis par les Espagnols


 

Terre de voyous, de charbon et d’Indiens semi-nomades, cette péninsule fut toujours, aussi loin qu’on s’en souvienne, vouée aux pillages en tous genres mais la Guajira est aussi et avant tout le lieu de vie ancestral des Wayuus.

Ce peuple amérindien d’origine arawake est le premier groupe ethnique de Colombie. Ils seraient environ 600 000 répartis entre la Colombie et le Venezuela dans des communautés plus ou moins grandes regroupées par clans qu’on appelle rancherías.

Pugnaces, ils sont les seuls à ne pas avoir été conquis par les Espagnols et maintiennent jusqu’à ce jour une relative indépendance face à l’État colombien. Ils n’en demeurent pas moins vulnérables aux bouleversements environnementaux qui ont marqué la Guajira ces dernières années. Sècheresse, hausse de la mortalité infantile, manque de nourriture et raréfaction du bétail sont en tête d’une liste de maux qui les accablent. 


 

En route vers le marché ©Jeremy Suyker
En route vers le marché


 

Les dents de la mère 

 
Sept longues heures après avoir quitté la poussière d’Uribia, nous arrivons en Terre promise. Nazareth tranche radicalement avec le reste de la péninsule. Nichée au cœur du parc national naturel de Macuira, cette bourgade rebaptisée par des moines capucins jouit d’un climat relativement humide et tempéré tout au long de l’année. La présence du parc en plein désert est en soi un petit miracle. Cette oasis de 25 000 hectares est idéale pour l’observation de la faune sauvage et plus particulièrement des oiseaux.
 

 
La péninsule fut longtemps la base arrière des cartels ©Jeremy Suyker
La péninsule fut longtemps la base arrière des cartels

 

 
Autre objet de curiosité, l’Allobates Wayuu, une grenouille minuscule très convoitée, mais qui nous est passée sous le nez. La visite du parc est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la culture Wayuu et sa fascinante mythologie. Sans Alejandro, notre guide, nous serions passés complètement à côté de la Pierre sacrée. La civilisation Wayuu prendrait naissance à l’endroit où repose cette roche plutôt banale. 
 
 
 
Les Wayuus vivent dans une relative indépendance face à l'Etat ©Jeremy Suyker
Les Wayuus vivent dans une relative indépendance face à l'Etat 


 

La possibilité d'un tourisme 

 
Le sommet de la dune de Macuira offre une vue imprenable sur le parc et la mer qu’on aperçoit au loin. Le sable encore chaud chatouille les orteils. La caresse de l’alizé rafraîchit et rassure. Somme toute, on se dit qu’on est bien sur cette dune. Dans la descente, nous croisons une jeune femme et son âne en route pour la rivière. Lucila réalise ce pénible voyage trois fois par jour pour approvisionner sa famille en eau douce
 

 
À l'extrême Nord-est de la Colombie, la péninsule de Guajira ©Jeremy Suyker
À l'extrême Nord-est de la Colombie, la péninsule de Guajira

 

 
Comme l’explique son voisin Guillermo Polanko, propriétaire du plus impressionnant potager de toute la Guajira : « La présence d’eau est une bénédiction pour les familles qui résident dans le parc, elle garantit notre survie et le maintien de l’agriculture locale. Nous sommes vraiment chanceux. »
 
Le tourisme, s’il est respectueux, peut aussi constituer une alternative intéressante et participer à un développement sain et durable. 
 
 
 
Petite fille Wayuu ©Jeremy Suyker
Petite fille Wayuu

 

 

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