Tourisme durable

Reconstruire un stupa au Népal, Danaé Falcoz, lauréate AVI 2018, nous raconte…

29 Août 2018 - Culture / Initiatives / Patrimoine / Portrait / Evénement
Artisan d’art en métal, Danaé Falcoz a déjà passé plusieurs mois au Népal, un chantier solidaire et une expérience forte qui lui ont donné envie de revenir pour s’investir plus personnellement encore. Lauréate AVI 2018, elle va pouvoir réaliser son projet : reconstruire un stupa dans la région reculée du Langtang particulièrement impactée par le tremblement de terre de 2015.
 
Danaé au Népal ©DanaéFalcoz
Danaé au Népal ©DanaéFalcoz

 

Une première expérience marquante

 
Tout a commencé par un voyage au nord de l’Inde que Danaé entreprend avec trois amis courant 2017. Métallurgiste diplômée en Arts Appliqués, elle aime partager les techniques et les savoir-faire. 
 
« On a travaillé dans de petites bijouteries de Jaipur mais j’ai appris que si je souhaitais travailler sur de grosses pièces, il fallait que j’aille à Patan, juste à côté de Katmandu. » 
 
À Patan, Danaé découvre les fonderies, les ateliers, les artisans d’art. Dans cette ancienne ville royale, on fond, on martèle, on cisèle des bouddhas exportés ensuite dans tout le Nord de l’Inde. Danaé participe à des chantiers, rencontre des Népalais, ressent un vrai coup de cœur pour ce pays. 
 
« Les Népalais sont très ouverts, souriants, toujours partants… j’ai pourtant beaucoup voyagé mais je me sens une affinité particulière avec eux. » 
 
Danaé réalise alors combien le séisme de 2015 et l’effondrement de centaines de temples ont été ressentis comme un véritable traumatisme, combien aussi la corruption a coupé certains subsides alors dédiés à la reconstruction. Le peuple est en colère. Une rencontre avec un homme, Surendra, va lui donner envie d’esquisser un projet…
 
 
 
Surendra en train de ciseler un stupa ©DanaéFalcoz
Surendra en train de ciseler un stupa ©DanaéFalcoz



Un stupa pour le Langtang

 
Maître-artisan ciseleur à Patan, Surendra est chef ouvrier sur l’un des chantiers de reconstruction de stupas que rejoint Danaé. À ses côtés, elle apprend à travailler à la « Népalaise ». À force d’observer les outils, les gestuelles, elle imagine à son tour de revenir pour construire son propre stupa, un stupa qui permettrait à une région déshéritée telle le Langtang de retrouver un peu d’espoir. Elle conçoit alors un projet en plusieurs phases. Dans un premier temps, Danaé prévoit de définir l’emplacement, la forme et l’orientation du stupa. Ce, en lien avec les habitants du Langtang mais aussi avec les moines. 
 
« J’aimerais aller à Lumbini pour parler de mon projet avec des moines, pour mieux comprendre les significations de ces structures religieuses. Comment faire l’orientation qui doit être particulière ? Quelle forme donner car les stupas du Népal, de l’Inde ou de Birmanie sont tous différents ? J’ai un livre là-dessus mais je souhaiterais avoir l’avis des moines sur ce projet. »
 

 
Stupa du Népal ©DanaéFalcoz
Stupa du Népal ©DanaéFalcoz
 
 
Pour la réalisation concrète, Danaé a également son idée : faire les pièces en métal et la ciselure à Patan avec l’aide de Surendra et rejoindre ensuite le Langtang en bus avec les pièces fin prêtes. Il est aussi question de forger des outils sur place afin de pouvoir effectuer les travaux et d’éviter les transports inutiles. Une fois l’emplacement du stupa fixé, elle prévoit de construire la base avec l’aide des villageois
 
« Je vais proposer aux habitants du village qu’ils me donnent un coup de main avec les pierres et les éléments présents sur place pour faire la base du stupa. On fera ensuite un assemblage à froid des métaux préparés à Patan à l’aide de rivet. » 
 
Pour l’ensemble, elle a prévu un mois à Patan et trois mois et demi dans le Langtang.
 
 

Un défi dans la rigueur de l’hiver

 
Le départ est prévu pour fin novembre, ce qui implique de passer les mois d’hiver sur place dans la rigueur des hauteurs népalaises. À cette période de l’année, le thermomètre peut descendre jusqu’à -15 voire moins -20 degrés. Danaé en est consciente, et a prévu un équipement adéquat. 
 
« Je sais à quoi m’attendre, j’ai un super sac de couchage. Sur place, je serai logée soit dans les monastères soit chez l’habitant. Lors de mon premier séjour, je comptais camper mais les gens sont tellement hospitaliers que je n’ai jamais pu. J’ai fini par laisser ma tente sur place. »
 
Danaé a aussi prévu de poursuivre son apprentissage du népali car, si Surendra sera présent au départ pour servir de traducteur, elle sera souvent livrée à elle-même et devra se débrouiller seule pour les échanges au quotidien. La bourse AVI sera donc un coup de pouce bien utile pour l’équipement et le séjour de Danaé, dont l’enthousiasme et l’ouverture d’esprit sont un véritable sésame : « Les villages sont très rapprochés, très connectés, ils communiquent beaucoup entre eux. Je veux que les villageois décident, le projet va prendre forme avec eux, leurs envies, les échanges que nous aurons, mes dessins, les plans, mon savoir-faire. Je souhaite du répondant pour que l’on construise ensemble ce stupa. Quant à la forme finale qu’il aura, je ne me fais aucun souci là-dessus. »

 
 
Danaé au coeur des montagnes du Népal ©DanaéFalcoz
Danaé au coeur des montagnes du Népal ©DanaéFalcoz
 
 
 
 
------------------------------------------------------------------ À lire aussi -------------------------------------------------------------