Tourisme durable

Norvège, les fjords à bord de l'Express côtier

14 Mars 2018 - Découverte / Transports

De côtes déchiquetées en rivages tarabiscotés, la ligne de légende Hurtigruten, la route rapide, relie Kirkenes, tout au nord, à Bergen en 34 escales. Elle rythme la vie du littoral et invite les touristes à un grand bol d’air iodé. 

 

L'Hurtigruten relie Bergen à Kirkenes au nord de la Norvège ©Christophe Migeon
L'Hurtigruten relie Bergen à Kirkenes au nord de la Norvège

 

 
À la fin du XIXème siècle, la côte au nord de Bergen est un territoire isolé par de farouches montagnes et une mer hostile. Il faut 3 semaines pour faire parvenir une lettre de Trondheim à Hammerfest en été, 5 mois en hiver ! Jusqu’à ce qu’en 1893, le capitaine Richard With décide de relever le défi d'une liaison régulière par vapeur entre ces deux villes.
 
Aujourd'hui, 13 navires ravitaillent quotidiennement la côte de Bergen à Kirkenes, près de la frontière russe, en 34 escales, 2 700 km et 6 jours. À bord du Nordnorge, l'un des fleurons de la flotte Hurtigruten. Kirkenes, escale la plus septentrionale de l'Express côtier, est le point de départ d'un long cabotage vers le sud pour de nombreux touristes.
 
 
 
Croisière peinarde le long des côtes ©Christophe Migeon
Croisière peinarde le long des côtes


 

L'omnibus des mers

 
Ce matin, le bateau s'enfonce dans le Trollfjord, un bras de mer très étroit entre les Vesteralen et les Lofoten. Décor dantesque de gigantesques murailles qui plongent dans l'eau sombre et donnent au navire des allures de maquette. 50 mètres à peine séparent les deux parois noirâtres. Pas de quoi émouvoir le capitaine Johannessen, qui a commencé comme mousse sur un Hurtigruten en 1976 et a gravi un à un tous les échelons de commandement. 
 
 
 
Le commandant est aux manettes et assure la navigation ©Christophe Migeon
Le commandant est aux manettes et assure la navigation

 

 
« Plus on va vers le nord, plus l'Hurtigruten est important pour les gens. Pendant longtemps il était le seul lien avec le monde extérieur. Aujourd'hui, de nombreux artisans et prestataires de services vivent grâce à nous. L'arrivée du bateau rythme la vie de la ville. Il y a même des gens qui ne manqueraient pour rien au monde notre venue. On les appelle les kaffegjeng. Chaque jour, ils montent à bord prendre un café et discuter avec l'équipage. C'est toute leur vie ! »
 
L'Express côtier assume son rôle d'omnibus et se défend d'être un bateau de croisière comme les autres. 
 
« On ne fait pas de soirées de gala ou de danse des canards, précise Mette Indrevik, l’organisatrice de voyage du bateau. L'Express côtier est là pour montrer aux gens la vie sur les côtes et dans l'Arctique, mais ce sont d'abord des navires qui travaillent, avec un itinéraire précis et des horaires à respecter. » 
 

 

Les paysages s'adoucissent vers le sud ©Christophe Migeon
Les paysages s'adoucissent vers le sud

 

En père peinard

 
Au fil de notre course vers le sud, les paysages s'adoucissent. Les fjords se font plus amènes, la côte perd de son arrogance. La ville d’Ǻlesund aligne ses immeubles Art Nouveau sous la routine des ciels d’Atlantique-Nord et mérite qu'on s'y arrête un jour ou deux. Il paraît que Bergen est le terminus. Dommage, on se serait bien vus sur ce musée flottant poursuivre jusqu'au Havre en père peinard.
 
 
 
Alesund, étape incontournable sur le parcours ©Christophe Migeon
Alesund, étape incontournable sur le parcours
 
 
 
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