Tourisme durable

Les Marquises : voyage en terre de légendes

21 Mars 2018 - Découverte

Rien que le nom fait rêver, depuis que les explorateurs en ont rapporté des images enchanteresses. Pourtant le peuple a bien failli disparaître au XXème siècle pour renaître de se cendres. Partons explorer Nuku Hiva, la plus grande des îles sauvages. 

 

Nuku Hiva, les sommets escarpés de la plus grande île des Marquises ©Tahiti Tourisme
Nuku Hiva, les sommets escarpés de la plus grande île des Marquises


 

Atterrissage au nord de l’île, là où l’on a trouvé le seul endroit à peu près plat pour aménager une modeste piste. L’aérodrome ne s’appelle pas Terre déserte pour rien. Pour rejoindre sur la côte sud la capitale Taiohae, il faut emprunter une route vertigineuse zigzaguant d’une crête à l’autre, tutoyant les ravins, surplombant les canyons. Richard Deane est guide. Au volant de son imposant 4x4, il fait souvent l’aller-retour pour aller chercher des clients en mal d’aventures. 
 
Il se rappelle du temps pas si lointain où la route n’était qu’une piste : « Il fallait quatre bonnes heures pour aller d’un point à l’autre seulement distant de 15 km à vol d’oiseau. En cas de pluie, cela devenait franchement dantesque. » 
 
 
 
Le tatouage marquisien est une vraie carte d'identité ©Grégoire Le Bacon
Le tatouage marquisien est une vraie carte d'identité

 


Gare aux nonos 

 

Aujourd’hui, il faut moins de deux heures pour rejoindre la somptueuse baie de Taiohae en forme de fer à cheval où quelques voiliers au mouillage balancent mollement leurs mâts dans l’alizé. Quand le jour décline, on voit des jeunes gens s’échiner à pagayer sur des pirogues à balancier d’une extrémité à l’autre de l’arc formé par la plage.
 
Bienvenue dans la capitale d’une île comptant un tribunal, un hôpital, un collège accueillant tous les élèves de l’archipel, une prison minuscule dont la cour possède pour tout mur une haie composée de quelques arbres clairsemés. Les habitants estimés à 3000 (9 000 dans l’archipel) sont infiniment moins nombreux que les nonos, d’affreux moucherons assoiffés de sang, des cannibales, des vrais. 
 
 
 
Île enchanteresse pendant la saison des mangues ©Tahiti Tourisme
Île enchanteresse pendant la saison des mangues

 

Au pays des tikis 


 
Entre son arrivée aux Marquises au Ier siècle avant J.-C. et la fin XVIIIème siècle qui voit l’amorce de son terrible déclin, le peuple marquisien a construit quantité de villages. Sur la côte nord, la vallée de Hatiheu peut se flatter de posséder sept tohua ou places communautaires rectangulaires où se déroulaient les grandes cérémonies de prières collectives.
 
Une statue de pierre fixe de ses grands yeux ronds. Ses genoux sont fléchis. Il tient ses bras collés le long du corps et ses mains sur le ventre. C’est un tiki, mi-homme, mi-dieu. Autrefois, il incarnait le monde des ancêtres divinisés.
 
 
 
Une forme de tiki, mi-homme, mi-dieu ©Tahiti Tourisme
Une forme de tiki, mi-homme, mi-dieu

 

 
Depuis 1979, l’association culturelle Motu Haka (le rassemblement) est créée dans le but de faire revivre la langue, les chants, les danses, les légendes, le tatouage et la sculpture de l’archipel. Le festival des arts des îles Marquises (Matava'a) qui se tient tous les deux ans alternativement dans chacune des six îles habitées leur fait aussi chaud au cœur. 
 
La mauvaise nouvelle, c’est que les îles sont appelées à s’enfoncer lentement dans l’océan, se transformer en presqu’atolls avant de devenir atolls et finalement disparaître, mais cela devrait prendre 30 millions d’années. 
 
« De quoi voir venir ! », disent les tikis.
 
 
 
Vue sur la baie de Taiohae ©Tahiti Tourisme
Vue sur la baie de Taiohae

 

 
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