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Tourisme durable

Les animaux et le tourisme, entre exploitation et protection

22 Mai 2017 - Actualité / Préservation

Parcs animaliers, zoos, marinelands… Les animaux, nous les connaissons depuis toujours derrière des barreaux, dans des aquariums, et ces concepts ne choquent généralement plus. Un arrêté ministériel, paru le 6 Mai 2017 en France, interdit désormais la reproduction et l’échange entre parcs des cétacés. Ces lieux où les animaux sont “rassemblés” peuvent-ils aller de pair avec le tourisme durable ? Peut-on visiter ce genre de lieu et participer au développement de l’économie locale et la défense animale, si toutefois les deux peuvent s’accorder ?

 
Born to be free, not to perform
 

 

 
 

Tourisme et parcs aquatiques… une histoire ancienne

 
 
Actuellement, en Guadeloupe, un projet est à l’étude pour la construction d’un delphinarium sur les îlets Pigeon, à Sainte Lucie. Les lieux font partie du Parc National de la Guadeloupe, ainsi que de la Réserve de Biosphère de l’Unesco. Un contexte de pleine nature pour un parc animalier tout ce qu’il y a d’artificiel… et de cruel.
 
Chacun sait que les cétacés, parmi les mammifères les plus intelligents au monde, souffrent terriblement des conditions de vie qui leur sont réservées dans les parcs aquatiques : nombre d’entre eux s’y laissent mourir, les naissances y sont rares, et les orques, que l’on dit encore plus intelligentes que les dauphins, portent sur elles la monotonie terrifiante de leur environnement avec leur aileron dorsal qui se courbe au fil du temps, à force de tourner en rond.
 
Suite aux inondations de l’hiver dernier, de nombreux militants de la cause animale et de simples citoyens se sont mobilisés pour demander la fermeture du Marineland d’Antibes, vétuste, fortement atteint par les intempéries et dont l’une des orques, Valentin, est décédée peu de temps après à l’âge de 19 ans (l’espérance de vie d’une orque libre est équivalente à celle d’un homme). Le film Blackfish, sorti en 2013, a également fortement participé à changer le regard que les gens portent sur ce type de parcs…
 
 
Tilikum
Tilikum, "star" du Marineland Seaworld, décédée en 2017 et à l'origine de la mort de trois dresseurs

 

 
Dans ce contexte, il peut paraître étonnant que l’on souhaite construire, au sein d’un lieu sauvage et magnifique, un delphinarium, conçu d’emblée comme un simple par d’attractions. Le gouvernement défend l’idée qu’un tel projet favoriserait l’essor touristique de la région… Mais les voyageurs qui se rendent dans le Parc National de la Guadeloupe ont-ils vraiment envie d’aller regarder des dauphins dans une piscine géante ? Les touristes responsables que nous sommes répondraient d’emblée que non…
Le côté déplacé de ce projet semble encore plus marquant quand on sait qu’il y a quelques jours, un arrêté ministériel est apparu en France pour désormais interdire la reproduction et l’échange entre parcs des cétacés présents dans le pays. Une évolution considérable, en faveur de l’animal et qui devrait enfin, à terme, faire disparaître les delphinariums sur notre territoire.
 

Tourisme et animaux : une possibilité, malgré tout, de faire bon ménage ?

 
Existe-t-il des lieux où les animaux sont présents pour les touristes et ce, sans que l’on puisse parler d’exploitation animale et d’"attrape-touristes" très lucratif ?
Il semble que les Thaïlandais aient trouvé la solution idéale… Si les plages et le soleil sont ce qui attire majoritairement les touristes, il existe des endroits plus secrets que tout voyageur responsable se doit de connaître, parmi lesquels le Lanta Animal Welfare Center. Ici, pas d’attraction exotique pour le touriste en mal de sensations : le centre accueille les animaux abandonnés, en grande majorité des chiens et des chats, et ouvre ses portes au public qui participe ainsi financièrement à la bonne tenue du refuge. En échange, les visiteurs peuvent aller se promener avec les animaux, dans un environnement naturel riche et propice à la détente. Ils peuvent également aider au soin des bêtes ou encore au jardinage.
Le tourisme en Asie est souvent associé à l’image de visiteurs tout sourire à dos d’éléphant. Une pratique vieille de plusieurs décennies, mais qui tend à se réduire, car les voyageurs comme les tour-opérateurs ne considèrent plus cette pratique comme éthique ; en effet, les éléphants ont trop longtemps été capturés uniquement pour le bon plaisir des touristes, et ce, dans des conditions épouvantables pour les animaux, bien souvent maltraités et brutalisés.
 
Balade de touristes à dos d'éléphant, une pratique qui n'est plus considérée comme éthique
Une image idyllique qui cache la dure réalité des éléphants dressés - ou martyrisés - pour le tourisme

 

 
En ce sens, la Thaïlande a anticipé l’évolution des mentalités : plusieurs centres y accueillent aujourd’hui des éléphants autrefois voués à jouer les bêtes de cirques. Sur place, les touristes sont invités à rester plusieurs jours, et à prendre soin des animaux – monter sur leur dos n’y est pas de rigueur !
 
Certains refuges ont aménagé les lieux pour accueillir les voyageurs dans des lodges : le tourisme permet alors de faire vivre le refuge, et sensibilise les visiteurs à la protection animale.
 
Ces cas ne sont que des exemples parmi d’autres : il existe, à travers le monde, de nombreux centres pour animaux sans but lucratif, qui servent à protéger des espèces animales victimes notamment du braconnage, comme c’est notamment le cas en Afrique. Ainsi le touriste devient un moyen de faire vivre ces centres, tout en leur permettant d’ouvrir les yeux sur la sauvegarde des espèces animales menacées, ou la maltraitance en général.
Alors là, on dit oui !
Intéressés par une expérience de ce type ? Responsible Travel propose des séjours en lien avec les éléphants : plus d’infos sur leur site !
 
 
 

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