Tourisme durable

Le Botswana, une gestion touristique vertueuse, garante d’une biodiversité préservée

03 Février 2017 - Culture / Découverte / Initiatives / Portrait / Préservation

Avec une superficie peu ou prou égale à la France mais à peine deux millions d’habitants, le Botswana est un Etat à part, qui a su très tôt préserver ses richesses naturelles et orienter son développement en synergie avec l’accueil des visiteurs. En 2014, le delta de l’Okavango est inscrit comme 50ème site africain au Patrimoine Mondial de l’Unesco puis, en 2016, le guide Lonely Planet désigne l’ensemble du pays « première destination écotouristique ». Fort d’un patrimoine naturel bien géré et d’acteurs touristiques responsables, le Botswana est ainsi devenu le paradis des safaris et de l’observation animalière, pour le plus grand bonheur de tous.

 

Botswana - Elephants au bain
Eléphants au bain © DR

 

 

Une histoire atypique

  
Alors que l’Afrique est souvent montrée du doigt comme l’un des continents les plus instables de la planète, le Botswana fait figure de bon élève, voire d’exception, tant son histoire et ses responsables politiques ont su préserver les nombreuses ressources que compte le pays. Depuis 1966, date de son indépendance, il n’a connu aucune guerre civile, la transition démocratique post période britannique s’est faite dans le calme, et il reste aujourd’hui encore l’un des pays les plus stables et les moins corrompus d’Afrique.
 
A cela, plusieurs explications, dont un système historique de gouvernance très démocratique : préexistant à la colonisation, la tradition de la kgolta, assemblée villageoise délibérative impliquant tous les habitants. Cette transition apaisée a également permis, très tôt, de mettre en place des mesures concrètes pour protéger les richesses naturelles. De nombreux parcs et réserves sont créés, en consultation avec les différents peuples régionaux, à l’instar de l’Okavango, où, inquiet de l’épuisement rapide de la faune et de la flore sur ses terres ancestrales suite à des chasses non contrôlées, le peuple Batawana du Ngamiland décide de proclamer la réserve naturelle de Moremi. En 1967, c’est au tour de Chobe d’obtenir le statut de parc national. Plusieurs suivront.
 
 
Safari Mobile et lycaons
Safari Mobile et lycaons © DR
 
 

Le tourisme au service du territoire

  
La préservation de ces richesses naturelles, les nombreuses aires protégées mises en place et l’arrivée d'expatriés qui apportent leur valeur ajoutée à cette phase pionnière vont ainsi créer les conditions idoines pour un développement raisonné d’un tourisme vert axé sur l’observation animalière et les safaris. Témoin privilégié de cette mise en tourisme vertueuse, Julien Marchais découvre le Botswana dès 2001, alors qu’il travaille dans une ONG - « Des Eléphants et des Hommes » - qui œuvre à la conservation des éléphants.
 
Très vite, il se passionne pour ce territoire et développe plusieurs projets innovants, passionné d’évoluer au cœur de cette période particulière de transition : « L’intelligence des décideurs a été de fixer une vision ambitieuse, un cadre rigoureux et de confier la gestion touristique à des opérateurs respectueux, des dizaines de milliers de kilomètres carrés, bien plus que la surface mise en conservation en France métropolitaine. En développant l’écotourisme, en valorisant ces énormes concessions, ces parcs nationaux et ces réserves communautaires, des entreprises (tour-opérateurs, hôteliers, services...) ont pu se développer, créant de très nombreux emplois. »
 
 
Botswana Chef gastronomie
Gastronomie du Botswana © DR

 

 
 
Essentiel Botswana, le sésame pour une découverte éclairée du pays
 
  
Aujourd’hui, associé à Philippe Marais (fondateur de l’agence Saïga cédée en 2011), Julien Marchais anime Essentiel Botswana, une petite agence engagée qui propose safaris mobiles et circuits en mettant en avant les savoir-faire locaux. 
Julien : « Grâce à cette politique éclairée, le patrimoine naturel du Botswana a été préservé. Le parc de Chobe et le delta de l'Okavango, couvrant une étendue sauvage proche en taille à la Bretagne, offrent au voyageur une immersion exceptionnelle en pleine nature africaine, une expérience unique. Les retombées de l'écotourisme, bien encadré par un État visionnaire, bénéficient bien aux communautés en particulier et aux habitants en général. Ainsi en voyageant au Botswana, on contribue à la fois à la préservation de son patrimoine naturel et au développement socio-économique du pays. L’ensemble s’est fait de manière très intelligente. Le résultat est là : toute la faune se porte à merveille, le pays est devenu le sanctuaire des éléphants d’Afrique et on y trouve également lycaons, zèbres, girafes, hippopotames, antilopes, lions, léopards, guépards, rhinocéros, chacals…»
Les deux compères associés, forts de leur complémentarité, Julien plus « conservation », Philippe, davantage axé sur l’écotourisme, proposent donc depuis quelques années une immersion au cœur de cette faune exceptionnelle. Et pour cela, ils s’appuient sur une équipe entièrement locale, n’hésitant pas à faire partir des scolaires via des classes nature pour associer toujours plus la population à leur démarche.
 
 
Botswana - cohabitation pacifique
Cohabitation pacifique © DR
 
  
L’expérience d’Essentiel Botswana peut ainsi illustrer l’aspect vertueux d’une bonne gestion touristique étatique doublée d’opérateurs respectueux. Elle montre également que le tourisme, doublé d’une bonne gestion du patrimoine naturel et d’une vision raisonnée et cohérente au plus haut niveau de l’État, peut non seulement devenir un levier de développement local, mais également aider à la conservation des animaux, à la sensibilisation des populations locales et donc, à la préservation d’une biodiversité et d’écosystèmes particuliers. 
Le Botswana, futur laboratoire responsable pour des territoires apparentés ? Il faut le souhaiter.
 
 
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Botswana - Paradis pour tous

Un paradis pour tous © DR