Tourisme durable

À l’abordage du Nouveau-Brunswick !

26 Octobre 2018 - Culture / Découverte / Patrimoine

Coincée entre le nord des Etats-Unis (Maine) et les provinces du Pacifique (Nouvelle Ecosse, Île du Prince Edouard, etc.), le Nouveau-Brunswick est la dernière phalange du doigt américain qui plonge dans le Golfe du Saint Laurent, une province à part qui regarde sous les jupes du Québec avec des relents marins qui ont forgé un territoire à part, celui des Acadiens, dont l’histoire nous interpelle directement.

 

Seule province officiellement bilangue du Canada, elle s’aborde en bateau, se découvre à pied, à dos d’orignal ou en dévorant les ouvrages d’Antonine Maillet. Les siècles passants, il est toutefois pratique d’y louer un véhicule pour pouvoir l’appréhender dans toute sa diversité…

 

 

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Rochers Hopewell ©Philippe Pataud Célérier

 

De Moncton à St Andrew

 

Filer depuis Moncton en direction de St Andrew revient à longer la fameuse baie de Fundy, connue pour ses impressionnantes marées, les plus hautes au monde, jusqu’à 16 mètres d’amplitude dans un va-et-vient d’eaux brunes dont un des bras remonte à l’est jusqu’à Moncton. Première étape, les rochers Hopewell, qui se découvrent à pied à marais basse ou en kayak quand les eaux montent, un ensemble de rocs, conglomérat pierreux coupé de grès qui empourpre la pierre au soleil couchant. Leur réputation a dépassé la province et court jusqu’au Canada.

 

Plus au sud, la petite ville d’Alma est la porte d’entrée du Parc National de Fundy, près de 200 km2 aménagés entre la baie et un immense couvert forestier où des itinéraires de randonnées ont été soigneusement balisés. Jongler entre les plages et les forêts, c’est toute la magie de ce site à l’image du sentier Fundy qui, un peu plus loin, offre aux automobilistes la possibilité de jouir de points de vue aménagés mais aussi de faire une halte pour se baigner (plage Long) ou se balader sur un sentier pédestre aménagé.

 

Passée Saint John, « cité du brouillard » et plus grande ville de la province, on arrive à Saint-Andrews. Le site, charmant, est aussi le point de départ pour des sorties en mer inoubliables qui permettent, entre autres, d’observer baleines et phoques…

 

 

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Parc National de Fundy ©Philippe Pataud Célérier

 

 

La diagonale verte

 

Comme dans bien des provinces du Canada, le Nouveau-Brunswick semble avoir jeté son dévolu sur les pins et sapins. Au volant, au-delà de la ligne de bitume, c’est du vert à bâbord et tribord, des sapins, des sapins et encore des sapins. De temps à autre, un panneau jaune signale un orignal ou un caribou. Les animaux sauvages peuvent débouler à tout moment. Omniprésente, la nature est aménagée entre préservation et loisir.

 

De l’autre côté de la province, face à l’île du Prince Edouard, le Parc National de Kichibouguac déroule ainsi une mosaïque de tourbières, marais salés et forêts où l’on peut randonner, pratiquer le "fat bike" (vélos dotés d’épaisses roues tout terrain, à l’origine plutôt prévus pour l’hiver) ou se baigner entourés de merveilleuses lagunes renfermant des trésors ornithologiques dont la deuxième colonie de sternes d’Amérique du Nord.

 

 

 

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Parc National de Kichib ©Philippe Pataud Célérier

 

 

 

Aux confins de l’Acadie

 

Plus au nord encore, on atteint le cœur de l’Acadie. Ces anciens colons français, au destin épique et douloureux, mirent pied sur ce territoire au début du 18e siècle avant d’être déportés vers les colonies anglo-américaines, suite au traité d’Utrecht qui voit Louis IX céder l’Acadie à l’Angleterre suite aux guerres fratricides entre l’Albion et l’Hexagone. Ce « Grand Dérangement », qui verra des familles entières séparées et envoyées aux quatre coins du pays, avant de revenir bien des années plus tard, reste un traumatisme fondateur et unificateur. Il suffit de lire l’histoire de Pélagie la Charrette sous la plume d’Antonine Maillet pour en saisir une partie des ressorts.

 

À Caraquet, la visite du Village Historique Acadien permet d’appréhender ce que fut la vie de ces Acadiens pendant tous ces siècles. Des maisons originales habitées par des interprètes en costumes permettent de passer du pêcheur au forgeron, de la première presse au moulin à blé, et de saisir ainsi un instantané de l’Acadie d’antan.

 

 

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Drapeau acadien ©Philippe Pataud Célérier

 

 

Descente en piqué vers la capitale du homard

 

Impossible enfin d’évoquer le Nouveau-Brunswick sans parler du homard, emblème de la province, il est partout : bleu gaillard pour les gourmets et chanceux, rouge flamboyant pinces déployées dans l’assiette, moins glorieux haché dans une platée de pâtes, il lui arrive aussi de se dissimuler dans une chaudrée ou en poutine, quand il n’est pas servi en sandwich ou en hamburger, histoire d’en finir avec tout snobisme. On le trouve autant sur la baie de Fundy que côté St Laurent. Sa capitale consacrée reste toutefois la ville de Shédiac, où on peut réserver une croisière pour découvrir la pêche et tous les secrets de sa dégustation, de la pointe des pinces jusqu’aux antennes. Les insatiables pourront même se faire photographier au cœur du centre-ville à côté d’un homard géant. On y croise d’ailleurs d’étranges Acadiens, qui vous proposent d’aller rigoler un coup en rejoignant Bouctouche et le Pays de la Sagouine, où des spectacles hauts en couleurs sont présentés en continu. De quoi digérer le crustacé en bonne compagnie et dans la bonne humeur, parce qu’il fait bon vivre au Nouveau-Brunswick.

 

 

 

nouveau_brunswick_homard_shediacLe grand homard de Shédiac ©Philippe Pataud Célérier

 

 

 

Deux petits clins d’œil pratiques pour finir

 

Nous vous conseillons vivement de coupler votre découverte au Nouveau-Brunswick à un séjour au Canada ou l’inverse, bref, de profiter d’un séjour sur le continent américain ou canadien pour découvrir cette attachante province. Cela vous permettra de rentabiliser et votre billet d’avion et votre empreinte carbone…

 

Comme vous l’aurez constaté, il est difficile de découvrir le Nouveau-Brunswick sans véhicule. Or conduire sur de longues diagonales fatigue. Outre les conseils classiques aux automobilistes, nous attirons votre attention sur un outil malin et facile d’utilisation qui permet de simuler la fatigue de vos yeux au volant : VisionDirect.

 

 
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