Tourisme durable

La Toscane à vélo

17 Mai 2018 - Culture / Découverte / Transports
À vélo, vous avez le temps de ralentir, de faire une pause dans un vignoble, de visiter un château ou de déguster de bons produits. Mais voilà qu'il faut repartir. Balade épicurienne à travers collines et cyprès.
 
Une pause s'impose ©C.Migeon
Une pause s'impose ©C.Migeon
 
 
La campagne toscane apparaît avec ses mamelons aux courbes lascives et ses villages couleur biscuit accroupis dans les plis des vallées. Une petite pause « ristretto » donne l’occasion de s’abandonner à la paix tiède d’une terrasse. Autant profiter de cette quiétude, car les quatre kilomètres de côte jusqu’au Castello Palagio vont faire mordre les guidons. Les pédaliers tournent sur eux-mêmes avec une frénésie de moulin à café. Voilà ce que l’on appelle dans le très pittoresque jargon cycliste « un coup de cul », voire « une bavante », une de ces côtes un peu trop longues qui vous laisse les gigots chagrinés et le cœur bondissant jusqu’à la gorge.

 
 
Dans les allées du Castello di Meleto ©C.Migeon
Dans les allées du Castello di Meleto ©C.Migeon

 
Les jardins du château où une table copieuse a été dressée sous les tilleuls sont le cadre idéal pour reprendre force et courage tout en s’initiant aux petites douceurs de la région : la finocchiona, le salami parfumé aux graines de fenouil, le lardo di Colonnata, un lard blanc vieilli dans une vasque de marbre blanc, la porciatella, une mortadelle au lard et aux pistaches, la pancetta toscana, une poitrine fumée enrobée de poivre noir, le tout dégusté sur une fettunta, cette tartine grillée, imbibée d’huile d’olive et frottée à l’ail avec quelques dés de pecorino, le fromage de brebis. 
 
 
 
Halte gourmande ©C.Migeon
Halte gourmande ©C.Migeon
 

 
Alors que les mains glissent sur le ventre et se mettent à tâter le nouvel embonpoint, surgit la question la plus cruelle de la journée : chianti ou pas chianti ? Rester à l’eau claire quitte à se rouiller le gosier ou bien siroter un ou deux verres au risque d’avoir tout l’après-midi les jarrets en beurre fondu ? Le terrible dilemme en laisse plus d’un perplexe et la bouche sèche. 

 
 
Balade dans les collines de Chianti ©C.Migeon
Balade dans les collines de Chianti ©C.Migeon

 

À qui la tour ?

 
Au-delà du miroitement un peu tremblé de la route chaude, on aperçoit la colline de San Gimignano hérissée de ses curieuses maisons-tours, construites entre le XIème et le début du XIVème siècle. La longue, très longue montée en direction de ce petit Manhattan moyenâgeux se fait dans les émanations suffocantes des bus, bétonnières, triporteurs et autres déclinaisons drolatiques du moteur à pistons. Pour se décrasser le larynx, rien de tel qu’un cornet de glace suçoté sur la vieille Piazza della Cisterna au centre du village. 


 

En route vers Saint Giminiano ©C.Migeon
En route vers Saint Giminiano ©C.Migeon

 

 

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