Tourisme durable

Indonésie : À l’assaut du Kawah Ijen

19 Octobre 2017 - Culture / Découverte

L’archipel indonésien abrite plus de 500 volcans dont une centaine sont toujours en activité. À l’extrême Est de l’île de Java, le Kawah Ijen est une merveille volcanique. Son cratère renferme un lac considéré comme le plus acide de la planète. Aujourd’hui, ce fascinant volcan attire les voyageurs en quête de grand frisson…

 

©Claire André - Flickr CC

 

 

Depuis Bali, certains voyageurs empruntent le rapide ferry pour rejoindre Java et ne viennent que pour l’ascension du Kawah Ijen. D’autres en profitent pour continuer leur exploration javanaise et se rendent jusqu’à l’autre star de l’île, le volcan Bromo. Tous devront être prêts à se lever tôt pour assister au spectacle magique du lever de soleil sur l’un des plus beaux volcans du pays.
 
 
 
 
Une randonnée de 3 km (+600 m de dénivelé) permet de se rendre au sommet du cratère ©François Combes

Une randonnée de 3 km - +600 m de dénivelé - permet de se rendre au sommet du cratère ©François Combes

 

 
 
Après une montée plutôt raide d’une heure et demie sur un chemin escarpé, la verdure tropicale laisse place progressivement à un paysage minéral et lunaire. Une fois arrivés sur l’arête du volcan, à 2400 mètres d’altitude, le lac vert émeraude se dévoile contrastant avec les fumées de soufre remontant du fond du cratère. Seuls quelques hommes descendent dans ses entrailles, neuf cents mètres plus bas, les mineurs et leurs paniers vides.
 
 
 
 
©François Combes

©François Combes

 
 
 
 
Avant d’être un site populaire auprès des voyageurs, le Kawah Ijen est avant tout une mine de soufre à ciel ouvert. Malgré les fumées toxiques et dangereuses, environ 300 mineurs s’aventurent chaque jour au fond du cratère pour ramasser du soufre à coup de pioches et de labeur manuel. La même histoire se répète depuis plus d’un siècle. Ils chargent de gros blocs de soufre dans leurs deux paniers suspendus de part et d’autre de leurs épaules par une tige de bois. Puis remontent le cratère et descendent ensuite leur trésor jusqu’au pied du volcan, certains sur des chariots, d’autres toujours sur leur dos, zigzagant au milieu des voyageurs qui, eux, crachent leurs poumons dans la montée.
 
 
 

©François Combes

 
 
 
Payés en fonction de la quantité de soufre ramassée, certains font jusqu’à 3 allers-retours par jour au péril de leur vie. Ils rapportent quotidiennement entre 80 et 160 kilos par personne, le tout pour 0,07 centimes d’euros par kilo. Bilan moyen de la journée : 8 euros de gagné ! Cette activité rapporte plus que de travailler dans les champs ou dans le bâtiment, plus près de la grande ville voisine de Banyuwangi. Depuis quelques années, ils sont devenus les figurants du Kawah Ijen, jouant leur propre rôle et se laissant photographier. Ironie du sort : le selfie rapporte plus que la mine. Les touristes viennent de plus en plus nombreux immortaliser leurs conditions de travail effroyables au cœur des émanations de gaz toxiques…
 
 
 

©François Combes

 

 
 
Ce n’est pas parce que deux cultures se croisent qu’elles se rencontrent… Tant qu’il y aura des porteurs au Ijen, espérons que les voyageurs se comportent le mieux possible, en échangeant un peu plus que des roupies avec eux. Ne pas hésiter à partager une kretek, cigarette indonésienne parfumée aux clous de girofle, ou acheter leurs petits souvenirs en soufre. L’argent leur revient directement contrairement à l’entrée exorbitante (10 euros/personne) qui donne le droit de monter au sommet de la montagne !
 
 
 

©François Combes

 

 
 
On se prend à rêver d’une reconversion pour les mineurs en guides emblématiques du Kawah Ijen. Les voyageurs viendraient jusque-là avant tout pour la beauté des paysages et du site spectaculaire, tout en écoutant le guide leur raconter comment se déroulait ce travail d’un autre temps…
 
 
 
 

©François Combes

 

 

 

Ce n’est pas parce que deux cultures se croisent qu’elles se rencontrent… Tant qu’il y aura des porteurs au Ijen, espérons que les voyageurs se comportent le mieux possible, en échangeant un peu plus que des roupies avec eux. Ne pas hésiter à partager une kretek, cigarette indonésienne parfumée aux clous de girofle, ou acheter leurs petits souvenirs en soufre. L’argent leur revient directement contrairement à l’entrée exorbitante (10 euros/personne) qui donne le droit de monter au sommet de la montagne !