Tourisme durable

Géorgie, pays béni des Dieux

14 Juin 2018 - Culture / Découverte

La légende veut que les Géorgiens soient arrivés en retard dans le partage des terres quand Dieu créa le monde car ils festoyaient sur le chemin. Mais le créateur fut charmé et leur attribua la terre qu'il s'était réservée. C'est ainsi que les Géorgiens se sont installés sur l'Eden terrestre. 

 

Tbilissi la capitale, traversée par la Kura ©C.Migeon
Tbilissi la capitale, traversée par la Kura ©C.Migeon
 
 
Si le christianisme, religion officielle de l’État depuis 317, a connu quelques déboires en Géorgie, l’Église orthodoxe locale a repris aujourd’hui du poil de la bête et a même réussi à s’imposer comme garante de l’identité nationale. Au nord de Tbilissi, la cathédrale patriarcale Svetitskhoveli de Mskheta a été pendant des siècles le centre religieux du pays. À l’intérieur, fidèles et touristes se mêlent sous la haute coupole pour former une foule compacte qu’envieraient bon nombre de nos églises françaises. 

 
 
Sosso, le berger qui garde son troupeau dans les montagnes du Caucase ©C.Migeon
Sosso, le berger qui garde son troupeau dans les montagnes du Caucase ©C.Migeon
 

Staline, la pope star

 
Dans les échoppes à touristes qui bordent les rues menant à la cathédrale, le petit père des peuples, l’œil enjôleur et la moustache triomphante, se retrouve à l’honneur sur les tasses et les fioles de gnôle. Ici, on préfère se souvenir du vainqueur de la Seconde Guerre mondiale et verser une larme sur le bon vieux temps avec son plein-emploi, ses vacances organisées et sa médecine gratuite.
 
 
Staline, l'enfant du pays, toujours à l'honneur ©C.Migeon
Staline, l'enfant du pays, toujours à l'honneur ©C.Migeon
 

Tours et détours

 
Autant aller prendre l’air plus au nord dans les montagnes du Haut Caucase, avec leurs pelouses étoilées de fleurs et leurs pics encore tout meringués de neige. Depuis le monastère de la Trinité de Gergeti, un chemin frangé d’anémones et de rhododendrons conduit à un col ouvert sur le mont Kazbek, un volcan endormi qui avec ses 5 047 m peut se targuer d’être le deuxième sommet de Géorgie, le quatrième du Caucase. Vers la station de ski de Gudauri, un autre itinéraire s’invite dans la vallée de Khada toujours gardée par une soixantaine de tours de guet.
 
 
Tour de guet du XVIème siècle, village de Sno ©C.Migeon
Tour de guet du XVIème siècle, village de Sno ©C.Migeon
 
 
Ces petits bijoux de pierres sèches érigés entre le XIIème et le XVIème siècle surveillaient le passage entre le nord et le sud Caucase. Des feux allumés sur leur terrasse sommitale alertaient de l’arrivée de visiteurs indésirables : Ingouches, Lezguiens, Tchétchènes, et tant d’autres... les voisins envahissants et sans gêne n’ont jamais manqué. Plantées sur les crêtes ou en pleine pente, les tours surgissent de la brume comme des spectres. Dans ce brouillard qui passe tout à l’estompe, la montagne ressemble aux landes de Macbeth. La complainte de moutons geignards tient lieu de cornemuse. 
 
 
Dans la vallée de Terek ©C.Migeon
Dans la vallée de Terek ©C.Migeon
 
 
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