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Forest Garden Product :
un label plus que bio

09 Octobre 2017 - Culture / Préservation / Labels

Attester le caractère bio d’un produit tout en vérifiant que les conditions de sa production respectent la biodiversité, tel est l’objectif de la certification Forest Garden Product. Initiée à partir de 1985 au Sri Lanka, elle garantit la pratique environnementale forte des producteurs labellisés. Plus précisément, elle reconnaît la conformité de l’approche territoriale des parcelles de culture ou de cueillette selon les critères des forêts analogues. La prochaine étape sera d’intégrer plus fortement les critères du commerce équitable.
 

 

 

Entreprise Guayapi Lanka
Les épices et fruits transformés par l'entreprise Guayapi Lanka sont certifiés FGP

 

 


Pour s’orienter vers des sites respectueux de l’environnement, certains voyageurs choisissent de se repérer à l’aide de labels. Lancée au Sri Lanka à la fin des années 1980, la certification Forest Garden Product (FGP) permet d’identifier des lieux qui allient reforestation, biodiversité et agriculture biologique.


Si elle concerne les produits commercialisés, elle permet de s’assurer que les parcelles de culture ou de cueillette dont ils sont issus se conforment au concept de foresterie analogue*. Elle cherche aussi à récompenser les agriculteurs qui s’engagent dans le processus de maintien ou d’amélioration de la biodiversité et de la stabilité écologique. Selon l’IANF (International Analog Forestry Network), qui promeut cette démarche, les critères qui définissent le label valorisent la protection des consommateurs contre « la tromperie et la fraude sur des allégations de produits non fondés ».

 

 

Sri Lanka
Rani Senanayake, à droite, dans une pépinière au Sri Lanka

 

 

 

De la mesure de la biodiversité à celle de l’émission de CO2

 


A titre d’exemple, les critères pour l’obtention du label concernent l’exécution des techniques d’agroforesterie, les méthodes de l’agriculture écologique, la quantification de la biodiversité ou encore la mesure des émissions de CO2.

« L’inspection était d’abord réalisée par une entité interne à l’IAFN, raconte Ranil Senanayake, créateur du concept de foresterie analogue et initiateur du réseau – il ne le préside plus aujourd’hui. Afin d’éviter tout conflit d’intérêt, ce travail a été confié à un autre organisme indépendant. »

Depuis deux ans environs, c’est Eco-LOGICA, une entité costaricaine créée en 1997 et spécialisée dans la certification du marché bio et alternatif, qui s’en charge.

 


Impact sur le rendement

 


Le label vise également à promouvoir un système gagnant-gagnant, qui bénéficie aussi bien aux communautés qu’à l’environnement. Comme les terrains respectant la méthode de foresterie analogue sont maintenus dans un équilibre biodiversifié, ils offrent une complémentarité des espèces qui permet l’épanouissement de chacune et un rendement satisfaisant à l’échelle des communautés concernées.

 

 

 

Grains de café
Le label concerne des produits naturels commercialisables, commes ces grains de café

 

 


L’impact de ce type d’agriculture sur la production est souligné par un document rédigé par le commissariat général au développement durable**.

Par exemple, est-il indiqué, « la tribu amazonienne des Sateré Mawé, qui bénéficie de cette certification [et travaillant notamment avec Guayapi, NDLR], est parvenue à augmenter, naturellement, le rendement de sa production de Guarana de 80 %, grâce à la pollinisation d’abeilles natives réintroduites dans le cadre d’un projet initié par FGP en accompagnement des techniciens de la tribu. »

 


Des efforts à faire sur le plan équitable

 


Néanmoins, si le guide des labels de la Plate-forme du commerce équitable reconnaît qu’il s’agit d’un « label environnemental d’excellence », du chemin reste à faire vis-à-vis des populations. Il « ne constitue pas encore une garantie de commerce équitable telle que définie par le mouvement », indique le document. Il est reproché à cette certification 
qu’elle « n’intègre pas (notamment) les dimensions de relation commerciale équitable avec un prix conçu sur la base de l’analyse des coûts de production », explique l’organisme.


Le document souligne néanmoins que « le partenariat*** noué par l’organisation d’origine sri-lankaise avec l’entreprise française Guayapi Tropical, également membre en France de la Plate-Forme pour un Commerce Équitable (PFCE), pourrait permettre à terme de renforcer cette faiblesse relative. » Le guide de la Plate-forme regrette également qu’en termes d’affichage, « le label puisse être apposé sur un produit quel que soit le pourcentage d’ingrédients certifiés ».

En attendant, la certification FGP et les zones de productions qu’elle recouvre offrent en tout cas des pistes d’exploration pour les voyageurs en quête de territoires préservés.
 


* Développé par le docteur Ranil Senanayake, il consiste à la restauration des écosystèmes tout en développant des territoires écologiques et biodiversifiés inspirés des forêts primaires.

** Ce commissariat dépend du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer. Le texte, intitulé Le Commerce équitable est-il bénéfique à la biodiversité ? est accessible sur le site Je consomme responsable.

*** Ce partenariat s’est traduit notamment par la certification FGP des produits issus de la forêt-jardin de Guayapi Lanka, société créée par la même entrepreneure et spécialisée dans la transformation des épices et fruits du Sri-Lanka.



                                                 —————– Aller + loin ———————

Foresterie analogue : quand la biodiversité devient un projet humain 

- Pour en savoir plus sur le guide de la Plate-forme du commerce équitable
- Le site d’Eco-LOGICA
- Le site Je consomme responsable