Tourisme durable

Boucle des Merveilles au cœur du Mercantour

26 Octobre 2017 - Découverte

 

Regardant vers la mer, le Mercantour s’élève au cœur des nuages et abrite une kyrielle de randonnées aussi riches que diverses. Spécialiste de la marche à pied, le voyagiste Chamina vous propose de découvrir la vallée de la Vésubie en toute autonomie, il a ainsi concocté une boucle de six jours qui permet de sillonner tour à tour les alpages autour du refuge de la Madone de Fenestre, l’univers minéral de la Vallée des Merveilles et les nombreux lacs de la Gordolasque où les chamois vous attendent sur les hauteurs…

 

 

 

En montant vers la baisse de Prals
En montant vers la baisse de Prals ©PPC

 

 

Une nature brute

 
 
Alpages, lacs de montagne, pistes pierreuses, vallées encaissées, vallons sauvages, l’ensemble de l’itinéraire conçu par Chamina est un kaléidoscope de sensations brutes où le tapis herbeux laisse souvent la place à un paysage minéral.
 
Le premier jour est toutefois plus vert. On s’élève peu à peu depuis le refuge de la Madone de Fenestre à travers les alpages pour atteindre la baisse de Prals, quelques lacs qui miroitent au cœur d’un plateau silencieux. L’absence de bruit, les blanches anémones pulsatiles qui entourent les plans d’eau et les rares cris de marmottes suffisent à laisser bien loin les clameurs de la ville. Sur ces hauteurs, la végétation lutte avec la pierre. Cytises, rhododendrons sauvages, gentianes, anthyllis, à chaque saison sa couleur.
 
Aux abords de la Vallée des Merveilles toutefois, après avoir enjambé quelques cols, c’est le minéral qui l’emporte, toute une gamme de gris répercutée sur des rochers déchiquetés qui enserrent quelques lacs, un décor fantastique pour une histoire qui ne l’est pas moins…
 
 
 
Le lac de Prals

Le lac de Prals ©PPC

 

 
 

La Vallée des Merveilles

 
 
Imaginez un immense jeu de piste naturel comprenant près de 35 000 pétroglyphes gravés sur des grès fins ou des schistes plus grossiers. La Vallée des Merveilles est encore un mystère pour bien des archéologues.
 
Rites initiatiques, hommage au dieu taureau ou simple décomptage des cornus sur la route du sel. Difficile de trancher. Sur place, même les guides ne sont pas toujours d’accord. Ce qui est sûr, c’est que le site est fascinant, un véritable parc de gravures à ciel ouvert, des armes, des outils, des figures géométriques, mais aussi des représentations anthropomorphiques.
 
Sous le regard du mont Bego, haut site sacré, les visites se succèdent, entre deux et trois heures passionnantes à essayer de comprendre ce qu’ont pu vouloir dire nos ancêtres. Passé 19h, il faut revenir au refuge, les gardes du parc veillent.
 
Il faut alors se poser et tenter de dormir entre les ronflements des voisins avant de redescendre, par le Pas de l’Arpette (2 511 m) pour les uns, la cime du Diable (2 685 m) pour d’autres… quand ce n’est pas le 4x4 depuis le refuge des Merveilles mais cela, on ne veut même pas en entendre parler…
 
 
 
 
La Vallée des Merveilles

La Vallée des Merveilles ©PPC

 

 
 

Au royaume des chamois

 
 
Au-delà des Merveilles et des charmes de la flore, la boucle bientôt bouclée permet encore de s’approcher du zénith animal, tout l’avantage aussi de randonner en flirtant avec les cimes. Passé les 2000 mètres, les animaux sont rois. Certes, on a déjà croisé mouflons, marmottes, chevaux sauvages, chèvres et nombre de volatiles non identifiés, pas de loup en revanche, ils ne sortent que la nuit et occupent déjà bien assez tous les langues bien pendues.
 
Puis, il y a les chamois. Jusque là, ils se sont montrés timides mais passé le refuge de Nice, en redescendant sur les lacs qui précèdent la baisse du Basto, ils sont là. D’abord farouches, ils s’enhardissent peu à peu, viennent laper  l’eau des lacs à quelques mètres d’un randonneur aux anges, se déplacent en famille en suivant les sentiers, présences fortes et graciles qui allègent le poids des sacs. Certains ont même l’élégance de raccompagner le marcheur discret jusqu’au refuge, poursuivant de leurs pattes légères leur chemin du jour…
 
 
 
Chamois sur les hauteurs

Chamois sur les hauteurs ©PPC

 

 
 

Dernier refuge avant de retrouver la Madone

 
 
Si les refuges se suivent et ne se ressemblent pas, c’est un vrai bonheur d’achever une courte semaine de marche à celui de Nice, qui offre une vue splendide sur le lac de la Foux et toute la vallée. Là, une cinquante de privilégiés se croisent le temps d’un soir, de quelques échanges, d’un vin cuit, d’une carte étalée sur une table et d’un pansement échangé sur le sceau d’une complicité que seuls les marcheurs comprennent…
 
Demain, ce sera le pas du Mont Colomb (2 548 m) puis la redescente par un névé inattendu et relativement conciliant, avant les retrouvailles avec le Mont Gelas (3 143 m) dont le sommet domine la Madone mais au-delà toutes les Alpes Maritimes.
 
Mais demain est autre jour. Un retour au monde d’en bas, non sans une certaine appréhension car si la marche élève le corps et l’âme, on est toujours un peu plus inquiet quand on prend le chemin du retour…
 
 
Dans les alpages du Mercantour

Dans les alpages du Mercantour ©PPC

 

 
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Merci à toute l’équipe de Chamina pour nous avoir permis de réaliser cette magnifique boucle au cœur du Mercantour.
 
Vous pouvez également la réaliser en toute liberté en suivant ce lien.
En vous souhaitant de belles randonnées !