Tourisme durable

Bénin, un vent nouveau souffle sur le Parc National de la Pendjari

09 Mars 2018 - Initiatives / Préservation

La National Geographic Society vient de rejoindre le partenariat déjà constitué par l’ONG internationale African Parks, le gouvernement béninois et la Wyss Foundation, pour la protection du parc de la Pendjari au nord du Bénin. Une formidable dynamique de développement local où il est question de préservation de l’environnement, de tourisme durable et d’impact social. Que diriez-vous d’un safari dans le Parc National de la Pendjari ?

 

Parc National de la Pendjari – Benin ©Jonas Van de Voorde
Parc National de la Pendjari – Benin ©Jonas Van de Voorde

 

Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, niché entre le Togo et le Nigéria et frontalier du Burkina Faso et du Niger au Nord, attire les voyageurs en quête d’expérience authentique depuis de nombreuses années. La grande hospitalité des Béninois, ajoutée à leur riche culture traditionnelle, en fait une destination des plus attachantes d’Afrique de l’Ouest. Saviez-vous que le Bénin recèle également des paysages préservés et des espaces naturels uniques au monde ?
 
Dans le Nord du pays, ses collines de savane et ses monts arides abritent une riche faune sauvage, tout particulièrement dans le Parc National de la Pendjari. Cette réserve fait partie de l’ensemble d’aires protégées WAP (W, Arly et Pendjari) qui s’étend sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
 
 
Parc national de la Pendjari ©Wikimedia Commons
Parc national de la Pendjari ©Wikimedia Commons
 
 
« Aussi longtemps que les lions n’auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. » - Proverbe Africain
 
L’écosystème de la Pendjari n’a pas été détruit par des décennies de conflits. Le Bénin a effectué depuis les années soixante des transitions politiques sans violence. Néanmoins le territoire a souffert depuis longtemps de négligence politique et économique.
 
Presque abandonné, le parc a subi de fortes menaces : braconnage des éléphants pour l’ivoire, chasse illégale, abattage du bois et grignotement de son espace par l’Homme. La Pendjari est pourtant le dernier grand sanctuaire de vie sauvage d’Afrique de l’Ouest.
 
 
 
Parc National de la Pendjari ©Jonas Van de Voorde
Parc National de la Pendjari ©Jonas Van de Voorde


 

Une vision touristique à long terme

 
Sur ces terres sauvages béninoises, on est loin des safaris à gogo et du tourisme de masse. Son potentiel est méconnu des voyageurs, voire sous-estimé. Pourtant cette grande réserve naturelle abrite de nombreuses espèces : buffles, hippopotames, antilopes, guépards, léopards, lions, éléphants et des centaines de variétés d’oiseaux.
 
Le gouvernement du Bénin a décidé de s’engager pour redynamiser et protéger la Pendjari, dans le cadre d’un programme de développement et d’investissement intitulé Bénin révélé. Ce grand projet touristique a pour but d’augmenter le nombre de visiteurs dans cette zone tout en intégrant l’aspect environnemental et social du territoire. Mais pour faire revivre le parc, il faut beaucoup de moyens, et des investisseurs prêts à engager des millions de dollars sur plusieurs années.
 
 
Parc National de la Pendjari – Benin ©Jonas Van de Voorde
Parc National de la Pendjari – Benin ©Jonas Van de Voorde

 

 
Un partenariat Public-Privé a été mis en place récemment. La gestion du parc a été déléguée à l’ONG African Parks, qui fait un travail exemplaire dans d’autres parcs africains depuis plusieurs années comme au Malawi ou au Rwanda. La Wyss Foundation, organisation caritative privée, a apporté immédiatement son soutien.
 
La National Geographic Society vient compléter le financement en apportant 7,5 millions de dollars, portant ainsi à 23,5 millions de dollars l’enveloppe globale dédiée à la conservation et la sécurité du parc. Son soutien financier de long-terme permettra notamment de mener des missions d’exploration scientifique en développant des technologies innovantes pour surveiller le site. L’organisation est également en charge de créer du contenu éducatif pour sensibiliser les communautés locales à la protection du parc.
 
Selon Jonathan Baillie de la National Geographic Society, « les écosystèmes les plus dynamiques du monde sont menacés par l’empiètement des hommes, par une mauvaise gestion et par les effets durables du changement climatique. Avec ce partenariat, National Geographic renforce son engagement pour la pérennité des paysages naturels notables et des remarquables espèces qui y vivent. »
 
 
©Michael Nichols
©Michael Nichols


 

Un projet ambitieux

 
En confiant la gestion du parc à African Parks, l’objectif est clair : redynamisation, protection, revitalisation et restauration du paysage. Des initiatives concrètes sont mises en place : création d’un cadre juridique plus strict, meilleure efficacité opérationnelle sur le terrain avec une équipe de rangers plus importante pour lutter contre le braconnage.
 
Développement de la recherche scientifique, utilisation des technologies innovantes, telles que des GPS sur les bêtes, pour réaliser un vrai diagnostic du parc et recenser les espèces. Où sont-elles ? Combien sont-elles ? Comment les protéger du braconnage ? Il s’agit aussi de mieux comprendre leurs habitudes et leurs déplacements. Le but est évidemment d’accroître leur nombre dans le parc. L’autre objectif primordial est d’instaurer une politique de gestion du parc qui favorise les communautés locales.
 
Éduquer, sensibiliser, trouver des solutions pour lutter contre le conflit homme/animal, développer de nouvelles activités pour les populations aux abords du parc, les inclure au projet pour équilibrer leur manque à gagner de la pêche et de la chasse. Au-delà des retombées directes du tourisme, le projet pourrait soutenir une nouvelle production agricole ou un artisanat local. Enfin, il faudra construire les futurs lodges et les nouvelles pistes qui accueilleront les touristes.
 
 
 
ONG African Parks ©African Parks
ONG African Parks ©African Parks
 
 
Le Parc National de la Pendjari va connaître une deuxième vie. On ne sait pas encore quel genre de safari sera proposé aux visiteurs. Le Bénin va-t-il s’orienter vers du tourisme de luxe, comme au Botswana par exemple, avec une politique de « haut revenu – faible impact » ou va-t-il s’ouvrir à un plus large public, aux voyageurs plus jeunes, aux routards ? Ce qui est certain, c’est que cet effort est la preuve qu’une volonté politique manifeste associée aux talents de différentes organisations permet de réaliser de grands, de très grands rêves.
 
 
Plus d’informations sur le Parc National de la Pendjari : https://www.african-parks.org/the-parks/pendjari
 
 
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