Tourisme durable

Belgique, le renouveau de Charleroi

07 Mars 2018 - Découverte / Initiatives

Si en 2009, Charleroi était désignée comme  « la ville la plus moche du monde », elle a bien changé. Aujourd'hui il est vraiment difficile de rester insensible à cette ville de Wallonie, à sa belle gueule cassée, à son cœur gros et à ses rêves en couleurs.


 

Le renouveau du centre-ville de Charleroi ©Nicolas LeBlanc
Le renouveau du centre-ville de Charleroi


 

Une chose est certaine, quand Brel chantait Le plat pays, il ne pensait pas à Charleroi. Ici, les terrils confèrent au paysage un petit côté alpin assez déroutant. 
 
« On marche sur un tas composé de résidus de grès et de schiste, mais vous pouvez voir sur le sentier quelques morceaux de charbon. Tenez, là, en voici un qui brille. Le charbon constitue en moyenne 5 à 10 % d’un terril. », nous précise le guide David Dumont.
 
Après quinze minutes de grimpette sur le terril de Bayemont, on peut contempler l’orgueilleux beffroi, la Sambre aux eaux grises, soucieuse de se carapater entre les usines et leurs bataillons de cheminées, un canal perdu, une centrale électrique... En dépit de leurs tailles modestes, ces collines offrent en effet un panorama post-industriel stupéfiant
 
 
 
Vogue la péniche dans un décor de rouille ©Nicolas LeBlanc
Vogue la péniche dans un décor de rouille

 


Dessine-moi une fresque

 
Le long de l’ancien chemin de halage, sur quatre kilomètres entre Marchienne-au-Pont (commune de Charleroi) et le centre-ville de Charleroi, la Sambre peut contempler les murs d’usines recouverts de fresques jetées là par des Michel-Ange de la friche industrielle, des graffeurs en liberté qui n’ont pas économisé leurs bombes de peinture.
 
Leurs œuvres ont été conçues dans le cadre du projet Urban Dream destiné à remettre de la couleur dans une zone sinistrée. D’autres artistes, des pointures internationales du street art, ont été invités à étaler leur talent dans le centre-ville lors de la première biennale d’art urbain en 2014.
 
 
 
Parcours de street-art le long de la Sambre ©Nicolas LeBlanc
Parcours de street-art le long de la Sambre


 

À Marchienne-au-Pont, sur la rive de la Sambre opposée au chemin de halage, les anciennes forges de la Providence, rebaptisées Rockerill, sont devenues un haut lieu de la nuit connu bien au-delà du Pays noir. On se presse au Rockerill en particulier les soirs des « apéros industriels ». Jean-Christophe Gobbe mixe au Rockerill. 
 
« Charleroi a été traitée de ville la plus moche du monde, mais elle s’en relèvera, assure-t-il. Cela passera par la culture. Le Rockerill est devenu un centre artistique. En plus l'habitant de Charleroi, le Carolo est bon vivant, il a bon cœur et il te reçoit avec simplicité. »
 
 
 
Benito Artoy, Artiste et carolo ©Nicolas LeBlanc
Benito Artoy, Artiste et carolo. 

 

 
Benito Artoy, artiste protéiforme, est aussi de l’aventure du Rockerill : « En 1911, lors de l’exposition industrielle de Charleroi, notre avenue était la plus riche du monde. Puis elle est devenue la plus désastreuse, c’est comme ça. La ville est en train de renaître de ses cendres grâce à la culture.  »
 
Le noir rime enfin avec espoir. 
 
 
 
Apéro industriel au Rockerill ©Nicolas LeBlanc
Apéro industriel au Rockerill

 

 
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