Tourisme durable

Bahreïn, la discrète

10 Mai 2018 - Culture / Découverte / Patrimoine
Tout autour de Manama, des immeubles, des hôtels, des banques poussent comme champignons après l’orage. Pourtant le Bahreïn a su préserver son authenticité et entend bien attirer les touristes en quête de pépites au Moyen-Orient. 
Dhows devant la skyline de Manama ©C.Migeon
Dhows devant la skyline de Manama ©C.Migeon
 
 
Pendant des siècles, les boutres (ou dhows en arabe) ont fait les beaux jours des commerçants en transportant dans leurs coques ventrues épices, encens et autres trésors entre l’Orient et l’Occident. Le Bahreïn est l’un des derniers pays du Golfe à honorer ce passé maritime prestigieux en poursuivant leur fabrication selon les techniques de charpenterie traditionnelle. 

 

Quand Bahreïn fait le dhow rond


 
Dans les chantiers d’Al Ahale, Mohamed, 78 ans, est l’un des derniers anciens à maîtriser encore ce savoir ancestral. La quille est d’abord posée puis la charpente de la carène – en teck lui aussi indien — est construite à l’intérieur d’un échafaudage de perches. Il n’y a aucun plan de construction, ou disons plutôt qu’il n’existe que dans la tête du charpentier. Herminette, scie, ciseaux ou foret à arçon sont souvent les seuls outils utilisés.
 
 
 
Chantier de dhows de Al-Ahale ©C.Migeon
Chantier de dhows de Al-Ahale ©C.Migeon
 
 
Comme leur fabrication nécessite tout de même neuf à dix mois ainsi qu’un chèque d’environ 100 000 USD, ces beaux navires en bois ont subi de plein fouet la concurrence de la fibre de verre. Mais depuis quelques années, les armateurs ont réalisé que les boutres traditionnels n’avaient besoin d’aucune maintenance pendant près de 50 ans et les chantiers voient leurs carnets de commandes se remplir. Reste à espérer que les vieux charpentiers révèlent tous leurs secrets avant de prendre le large.
 
 
Arbre de la vie, mystérieux acacia au milieu du désert ©C.Migeon
Arbre de la vie, mystérieux acacia au milieu du désert ©C.Migeon
 

Le blues de la perle

 
À Bahreïn, on ne s’est pas contenté d’ouvrir les huîtres pour le Réveillon. Ici, elles sont absolument immangeables, mais pendant des millénaires, elles ont fait la fortune et la gloire du pays. De temps en temps, l’une d’entre elles révèle sous son manteau verdâtre une petite perle d’un lustre, il paraît, exceptionnel, peut-être dû à un mélange de courants d’eau douce et d’eau salée.

 
 
Pearl Diving Monument ©C.Migeon
Pearl Diving Monument ©C.Migeon
 
 
Certains évoquent « un éclat translucide singulier » auxquels les reines d'Angleterre ne demeurent pas insensibles. Depuis Élisabeth Ière, la tradition veut qu'elles complètent leurs sautoirs avec des perles bahreïnies. La découverte du pétrole dans l’archipel puis la concurrence des perles de culture mit un terme au long règne de l’huître perlière... jusqu’à ce que l’activité reprenne doucement ces dernières années notamment pour des touristes équipés de palmes, masque et tuba. 
 
 
Plus d’infos : 
 
Office de tourisme de Bahreïn : www.btea.bh

 
 
Fort Qalat al Bahrein ©C.Migeon
Fort Qalat al Bahrein ©C.Migeon