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Tourisme durable

Au pays de l’Okavango
Le prix du safari responsable

14 Septembre 2017 - Actualité / Culture / Découverte / Préservation

Déjà vainqueur en 2010, l’Organisation du Tourisme Botswanais vient de remporter en avril dernier à Bangkok le prix « Destination » des « Tourism for Tomorrow Awards 2017 ». Cette distinction internationale récompense les territoires qui travaillent à la mise en place des principes de développement durable dans leur activité touristique. Avec plus d’un tiers de son territoire protégé, le Botswana est la star africaine du tourisme durable. Ses safaris hauts-de-gamme emmènent quelques voyageurs privilégiés à la rencontre d’une faune sauvage miraculeusement préservée !
 


 

Delta de l'Okavango
Delta de l'Okavango ©&Beyond

 



Il était une fois le Botswana



Ce pays d’Afrique australe bordé par la Namibie, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et la Zambie, est une terre de savane et de désert. Le désert du Kalahari couvre presque tout son territoire. Miracle de la géologie : au nord-ouest du pays coule l’Okavango. Ce fleuve qui n’atteint jamais l’océan sombre dans les sables du désert et forme un delta de 18 000 km2.

Trois sites d’exception dans le pays ont été mis en lumière par le WTTC (World Travel & Tourism Council) pour leur démarche exemplaire en matière de tourisme durable : le parc national de Chobe, l’immense désert de sel de Makgadikgadi et le mythique delta de l’Okavango.

Chobe est célèbre pour abriter la plus grande concentration d’éléphants en Afrique, environ 50 000 individus vivent dans la réserve. Makgadikgadi est une étendue surnaturelle connue pour ses immenses baobabs et ses paysages salins féeriques. À la saison des pluies, des milliers de flamants roses se rassemblent pendant quelques semaines à cet endroit.

 


 

Makgadikgadi
Le désert de sel de Makgadikgadi ©&Beyond

 

 


Zoom sur l’Okavango



C’est sans aucun doute la région la plus spectaculaire et célèbre du pays. Qui n’a pas déjà entendu ce nom exotique au parfum d’éden africain ? L’Okavango, long de 1300 km, prend sa source en Angola, traverse la Namibie, avant de venir se jeter dans le désert du Kalahari formant ainsi ce delta miraculeux.

Son labyrinthe de marais se remplit d’eau chaque été pour se transformer en oasis luxuriante accueillant alors plus de 200 000 mammifères : éléphants, zèbres, buffles, gnous, girafes, hippopotames, crocodiles, lions, léopards, myriades d’oiseaux… Une véritable aubaine pour le gouvernement botswanais, qui a fait du tourisme un levier économique viable, respectueux des hommes et de l’environnement.

Le delta de l’Okavango est admis, dès 2014, par le Global Sustainable Tourism Review (GSTR), dans le top 100 des destinations touristiques durables avant d’être inscrit, la même année, au patrimoine mondial de l’Unesco !


 

Lion crinière noire
Lion à la crinière noire du Botswana ©Alan Murray

 

 


Le miracle africain façon COP21



La volonté politique du pays en matière de protection de son environnement est sans précédent en Afrique. Il fête son deuxième prix du « tourisme de demain », des décennies de stabilité politique et aussi de nombreuses années de safaris respectueux des animaux.

Le Botswana a choisi de miser sur un tourisme très haut de gamme, exclusif et responsable, selon la logique « revenu élevé, faible impact ». Comme au royaume du Bhoutan en Asie, le tourisme de masse est évité en limitant le nombre de visiteurs grâce aux quotas dans les camps et en ciblant des voyageurs fortunés.

Le développement de ce tourisme a permis jusqu’ici de créer 60 000 emplois et a contribué à hauteur de 650 millions de dollars au PNB, faisant de ce secteur la deuxième source de revenus du pays.

 


 

Sandibe Okavango Safari Lodge

Sandibe Okavango Safari Lodge ©&Beyond

 



La récompense d’un travail de longue haleine




Dès 2009, le Botswana met en place un système de certification touristique encourageant les initiatives responsables selon des critères très stricts, supérieurs aux normes internationales en vigueur. En 2014, la chasse est interdite, de même que la chasse aux trophées, abondamment rémunérée par des clients étrangers.

Au cours des deux dernières décennies, le territoire botswanais est devenu un havre de paix pour les animaux. Contrairement à certains pays voisins, le braconnage n’est plus une menace majeure, grâce à une politique touristique engagée. Celle-ci bénéficie aux populations locales par des emplois directs et par la création d’infrastructures (routes, écoles…) profitant à tous. Les habitants ont compris qu’un animal vivant rapporte plus qu’un animal mort. En outre, le gouvernement dédommage ses citoyens en cas de conflit avec l’animal.

Le secret : la première source de revenus du pays, l’exploitation du diamant, qui lui offre la liberté de miser sur un tourisme durable.


 

Suricates
À la rencontre des suricates ©Safari Bookings

 



Tout n’est pas parfait au Botswana, loin de là



Comme beaucoup de peuples nomades, les Bushmen du Botswana dérangent. Dans les années 80, pour assurer l’exploitation des mines de diamants, l’ethnie a été chassée de son territoire ancestral par les autorités.

 

L’ONG Survival International, qui se consacre à la défense des peuples indigènes dans le monde, rapporte que « privés de chasse et déplacés dans des villages où sévissent alcoolisme et dépression, ils sont méprisés par le gouvernement qui les considèrent comme primitifs ». Ils forment pourtant l’un des plus anciens peuples toujours existant. Certains Bushmen réussissent à s’adapter à cette nouvelle réalité, en devenant guide touristique par exemple.

 

Fiers de partager leur savoir sur le désert, ils font découvrir leur culture aux visiteurs étrangers. Le tourisme semble être la meilleure façon de contribuer à la survie de leur communauté et de ses traditions. Le changement climatique, quant à lui, pourrait mettre en péril l’avenir du secteur touristique. Le réchauffement de la planète transformerait à terme le grand delta en savane sèche et aride… Pour l’heure, la magie de l’Okavango opère toujours et le Botswana reste un modèle à suivre en matière de tourisme responsable !



Retrouvez tous les finalistes des WTTC sur le site suivant : https://www.wttc.org/tourism-for-tomorrow-awards/winners-and-finalists-2017/